Le dialogue social à la française, chef d’œuvre en péril

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Parmi les facteurs qui handicapent la compétitivité de la France face à ses concurrents internationaux, il en est un particulièrement occulté dans notre pays : l’immaturité du dialogue social à la française. Une étude de la Fondation de Dublin (Eurofound), apporte une moisson de données permettant de comparer la France à ses voisins de l’Union Européenne (UE). Ces données apportent des éléments concrets au débat public sur le dialogue social, généralement riche en idées préconçues et pauvre en étayage statistique. Deux constats majeurs s’en dégagent : la France est à la traîne de l’Europe pour la qualité du dialogue social ; ce retard coûte cher à nos entreprises en termes de compétitivité, qu’il s’agisse de performance économique et financière ou de qualité de vie au travail. Ce retard s’ancre dans la difficulté française à reconnaître la notion de performance dans toutes ses dimensions, intégrant la pluralité des parties prenantes. En ce sens, il est un obstacle au déploiement d’une RSE (responsabilité sociétale des entreprises) assumée. Cette étude de la Fondation de Dublin permet de quantifier l’impact d’un dialogue social de qualité dans les différents pays de l’UE. Je propose ici une synthèse des 6 conclusions qui m’ont semblées essentielles avant d’essayer d’en tirer […]

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La Fintech Yelloan lève 1,75 million d’euros, prochaine prise d’un groupe bancaire?

Yelloan, une Fintech qui propose un service de crédit participatif, annonce une première levée de fonds de 1,75 million d’euros réalisée auprès du fonds Seventure Partners. Alors que le marché du crédit à la consommation représente plus de 156 milliards d’euros d’encours sur l’année 2016, selon la Banque de France, Yelloan s’intéresse à ceux qui se voient refuser leurs demandes de crédit. A ce phénomène vient s’ajouter l’émergence du financement participatif qui, toutes catégories confondues (B2B, crowlending, peer-to-peer, crowdfunding) a généré 296,8 millions d’euros en 2015 d’après le baromètre de Financement Participatif France.

Si Yelloan entre dans la famille des solutions de financement participatif, c’est parce qu’elle fait reposer l’obtention du crédit (demandé auprès d’un établissement bancaire) sur la garantie de particuliers qui acceptent de verser 5% du montant du crédit demandé, «au cas où». Pour la banque, aucun frais de recouvrement à prévoir, et pour le particulier, la garantie d’obtenir un crédit, si déjà il a pu convaincre son entourage de faire un versement.

Le marché

Fait peu commun pour une start-up, Yelloan n’a pas eu besoin de prospecter pour trouver ses clients emprunteurs. Dès sa création, elle s’est directement intégrée aux offres de crédit des groupes Crédit Mutuel Arkéa (Financo) et Cofidis (Monabanq) qui sont riches en dossiers de crédits refusés.

Pour que son modèle participatif soit viable, Yelloan a toutefois fixé un plafond de 15 000 euros de crédits par emprunteur. A ce jour, l’emprunt moyen via la plateforme est de 8 000 euros (soit une garantie de 400 euros à apporter par ses «amis»). Le taux est fixé à 4%, «comme ceux du marché du crédit à la consommation», courant sur une période de 3 à 5 ans. Ces emprunteurs cooptés sont des «jeunes en CDD exclus du crédit, des indépendants, des projets de TPE qui cherchent par exemple à financer une voiture pour un premier emploi», explique Mickaël Diguet.

Ils seraient déjà «plusieurs milliers» à utiliser la plateforme. Pour 2017, elle vise 3 000 à 5 000 prêts octroyés, notamment «grâce à un contrat important avec la filiale du Crédit Mutuel Arkéa», affirme le fondateur. La banque se montre particulièrement intéressée par le rachat de start-up, à l’image de Leetchi, Linxo, Grisbee, Yomoni, Younited.

 

Les objectifs

Yelloan réfléchit à une offre pour les PME qui ont aussi des difficultés à accéder au crédit. Elle va également investir dans sa R&D «en travaillant sur les algortihmes de scoring pour déterminer qui est solvable (…) et l’expérience utilisateur». Quant à savoir si la Fintech pourrait tomber dans le giron d’une banque, on assure que l’investisseur principal (Seventure Partners) a l’habitude de faire grandir une société pendant «4 ou 5 ans», avant de penser à sa sortie.

  • Yelloan : les données clés

Fondateur: Mickaël Diguet, Paul Peyre, Marc Diguet

Siège: Paris

Date de création:  2015

Effectifs: 8 > 15