Vie au travail. Le salaire reste le principal tabou

source: le telegramme

Parler salaire avec les collègues est tabou pour huit salariés sur dix, selon la dernière enquête de RegionsJob sur la vie de bureau. Politique et religion sont les deux autres sujets à éviter.

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On les voit tous les jours, on connaît leurs travers et leurs petites habitudes. Certains deviennent même des amis. Et pourtant… Quand vient le moment de discuter avec ses collègues de travail, certains sujets demeurent plus délicats que d’autres à aborder.

À l’occasion de sa nouvelle enquête sur la vie de bureau (*), la plateforme d’offres d’emploi RegionsJob s’est penchée sur les principaux tabous en entreprise. Sans grande surprise, c’est le salaire qui apparaît comme LE sujet à éviter. 83 % des personnes interrogées avouent ne pas aimer aborder cette question. Dans le détail, 62 % des répondants estiment que parler salaire avec certains collègues est tabou. 21 % vont jusqu’à dire que c’est le cas avec tous leurs collègues.

Pas étonnant dans ce contexte que 78 % des actifs en poste disent ignorer la rémunération de leur manager et que 50 % reconnaissent ne pas savoir combien gagnent leurs collègues. Et parmi ceux qui ne connaissent pas les chiffres, seul un sur deux souhaiterait être dans le secret.

Il y a deux freins à la transparence : celui des très riches et celui des très pauvres

Pourquoi la question des salaires reste-t-elle autant taboue ? Dans une récente interview au Télégramme, le sociologue Serge Guérin donnait quelques éléments de réponse : « Il y a deux freins à la transparence : celui des très riches et celui des très pauvres. Comme nous sommes dans un pays avec des écarts salariaux insensés qui ne correspondent en rien aux différents apports, les plus riches n’ont aucun intérêt à être transparent. Il y a donc ce frein par le haut, mais aussi un frein par le bas, car on n’a pas nécessairement envie de faire connaître ses échecs. Un très faible salaire est aussi symbole, à tort ou à raison, d’un échec», avançait-il.

Dans son livre «L’argent et nous, Janine Mossuz-Lavau, directrice de recherche au Cevipof, évoque quant à elle trois facteurs plus profonds : la tradition catholique, l’héritage de la culture paysanne et l’influence du marxisme.

Politique et bureau ne font pas bon ménage

Plus généralement, la règle tacite est d’éviter les discussions polémiques sur le lieu de travail. 61 % des personnes interrogées n’aiment pas y parler de politique. 58 % disent éviter d’aborder tout ce qui touche à la religion.

Dernier sujet sensible : la vie privée. 46 % des salariés préfèrent ne pas l’évoquer au bureau. Préférant sans doute une occasion de se voir entre collègues en dehors du lieu de travail, une pratique assez courante en France, puisque deux personnes interrogées sur trois disent le faire au moins parfois.

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Inégalités salariales: la sanction se précise

source: l’express l’entreprise

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Le rééquilibrage entre hommes et femmes va devoir se faire, sous peine d’une sanction de 1% de la masse salariale.

En faisant la promotion de son plan de lutte contre les écarts de rémunération entre les hommes et les femmes, le 23 octobre, Muriel Pénicaud l’a assortie d’une jolie boulette: les entreprises qui n’auront pas pu ou voulu se conformer à la loi sur l’égalité salariale, a-t-elle expliqué sur France Info, seront punies d’une amende équivalente à « 1% du chiffre d’affaires » – quand le montant de la pénalité sera, en fait, fonction de leur masse salariale. Elles devront payer 1% certes, mais du cumul de toutes les rémunérations brutes des salariés de l’établissement concerné. Une arme dissuasive, notamment pour les plus grosses sociétés.

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La ministre du Travail a promis de dévoiler dans les prochaines semaines les moyens de mesurer les différences de traitement entre les sexes sur la feuille de paie, et d’y mettre fin. À compter du 1er janvier, l’ensemble des entreprises de plus de 50 salariés seront ainsi dans l’obligation de dresser un état des lieux.

En cas d’écart, elles devront consacrer à le réduire une enveloppe de rattrapage dans un délai de trois ans. A défaut, elles seront sanctionnées. Selon la rue de Grenelle, à travail égal, les femmes sont rémunérées environ 9% de moins que les hommes.

Plus de logiciel, mais un faisceau de critères

Voilà donc pour la philosophie globale. Le gouvernement en parle depuis des mois et promet un changement radical pour que la loi soit appliquée. « L’égalité entre les femmes et les hommes est un principe constitutionnel, et la loi Roudy sur l’égalité a 35 ans », rappelait Muriel Pénicaud dans une interview au JDDen janvier 2018. Les entreprises sont désormais priées de passer d’une « obligation de moyens » à une « obligation de résultats ».

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Au départ, le gouvernement avait annoncé la mise en place d’une extension du logiciel de paie prenant un instantané des écarts de salaire, avant de faire machine arrière quelques mois plus tard. Après consultation d’experts et des partenaires sociaux – une obligation car la mesure s’inscrit dans le cadre de la concertation sur l’égalité professionnelle entre femmes et hommes menée avec eux – le gouvernement décidait d’opter « pour un faisceau de critères ».

Écart de rémunération entre hommes et femmes, pourcentage de femmes augmentées après un congé maternité, écart entre la part des femmes et celle des hommes augmentés, écart entre le temps moyen s’écoulant entre deux promotions pour elles ou encore nombre de femmes parmi les dix salariés les mieux payés de l’entreprise… étaient les premiers critères évoqués durant l’été, mais jamais confirmées. La ministre l’a promis: ils devraient être précisées le mois prochain.

Prélèvement à la source : tout ce qui change pour votre trésorerie

source: le revenu

illustration prélèvement à la source

La réforme du mode de collecte de l’impôt va bouleverser les habitudes des contribuables dans la gestion de leur trésorerie. Pour aborder ce changement en toute sérénité, voici les nouvelles règles à connaître pour 2019.

Des revenus 2018 non imposés

La réforme du mode de collecte de l’impôt est à l’image de notre système fiscal : complexe. Une solution a toutefois été trouvée par le législateur pour éviter au contribuable d’avoir à supporter une double charge fiscale durant l’année de transition.

Les revenus perçus en 2018 ne seront pas imposés (à l’exception des revenus exceptionnels ou non concernés par le prélèvement à la source). C’est la fameuse année blanche.

Dans la majorité des cas, vous ne paierez pas d’impôt sur les revenusperçus en 2018, sauf si vous avez perçu des revenus exceptionnels ou des revenus non concernés par le prélèvement à la source (dividendes, plus-values…).

Des revenus 2019 nets d’impôts

C’est la fin du déclalage d’un an entre la perception du revenu et son imposition. Dès 2019, vous percevrez des revenus nets d’impôt. La situation est assez simple lorsque l’impôt est collecté par l’organisme qui vous verse le revenu (employeur, caisse de retraite,..).

Vous pouvez d’ores et déjà calculer l’impôt qui sera prélevé sur vos salaires en 2019. Il suffit de multiplier le revenu net imposable qui est indiqué sur votre fiche de salaire, par votre taux de prélèvement à la source (taux du foyer, taux neutre ou taux individualisé selon l’option retenue).

Pour les autres revenus comme les revenus fonciers ou les revenus des indépendants, c’est plus compliqué : l’impôt ne sera pas tout à fait contemporain du revenu.

L’administration fiscale prélèvera l’impôt sous la forme d’acomptes (mensuels ou trimestriels sur option), en fonction des derniers revenus déclarés.

Ainsi en 2019, l’acompte sera calculé sur la base des revenus perçus en 2017 (déclarés en mai 2018). Si entre-temps votre situation a changé, notamment en cas d’une forte baisse de revenu, pensez à en informer l’administration faute de quoi elle prélèvera l’acompte dû.

Précisons que les acomptes prélevés sur le compte des propriétaires bailleurs intègreront les prélèvements sociaux.

Des impôts prélevés sur 12 mois

Vos impôts seront prélevés au fur et à mesure de l’encaissement des revenus, sur douze mois, au lieu de dix pour ceux qui étaient mensualisés.

De ce point de vue, votre trésorerie devrait se retrouver gagnante.

Avec un bémol, le taux de prélèvement à la source ne tient pas compte des abattements de 10% applicable aux salaires et aux pensions, contrairement à la mensualisation qui en tient compte.

Une avance sur les crédits d’impôts dès le 15 janvier

Un des points noirs de la réforme était de ne pas tenir compte des réductions et crédits d’impôt dans le calcul du taux d’imposition des ménages.

Afin de ne pas pénaliser la trésorerie des ménages une solution a été trouvée : une avance de 60% de l’avantage fiscal leur sera versé le 15 janvier 2019.

L’avance concerne les avantages fiscaux liés à l’emploi à domicile, à la garde d’enfants, aux dépenses en Ehpad, aux investissements locatifs, aux dons aux œuvres et aux cotisations syndicales.

Avis d’imposition 2019

Vous allez continuer à déclarer vos revenus en mai de chaque année.

Vous continuerez à recevoir votre avis d’imposition en septembre. La plupart des revenus 2018 ne seront pas imposés.

Mais il vous faut anticiper l’impôt à payer en septembre 2019 sur les revenus exceptionnels, et sur vos plus-values boursières (imposées au prélèvement forfaitaire unique ou au barème progressif sur option).

Concernant vos réductions et crédits d’impôts relatifs à l’année 2018, ils vous seront intégralement restitués ou partiellement, selon votre situation.

Pour passer haut la main cette réforme, pas de doute à avoir : mieux vaut anticiper.