Bonheur au travail et performance : lequel entraine l’autre ?

source: Bertrand Duperrin sur frenchweb

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En ces temps où dans beaucoup d’entreprises on parle de bonheur au travail et va jusqu’à nommer des Chief happiness officer on peut être amené à s’interroger sur « comment faire plaisir aux collaborateurs ». Et, dans un contexte d’exigence de performance croissante, bonheur au travail et performance peuvent ils aller ensemble ?

Je trouve que, pour une entreprise, promettre le bonheur est à la fois ambitieux et risqué. Parce que le bonheur n’est pas qu’au travail, c’est une notion plus globale sur laquelle l’entreprise n’a que quelques leviers, parce qu’il n’y a pas deux personnes pour qui le bonheur signifie la même chose, parce que c’est pour une personne une notion qui fluctue dans le temps… Bref cela relève pour moi de la promesse intenable qui finira avec un méchant retour de boomerang. Il vaut toujours mieux sous-promettre et sur-délivrer que sur-promettre et sous délivrer.

Le bonheur au travail : une obligation de moyens vendue comme une obligation de résultat

Et que vont répondre dans 1, 3 ou 5 ans les Chief Happiness Officers à ceux qui leur diront qu’ils n’ont pas tenu leur promesse car ils sont malheureux ? Faute d’avoir quoi que ce soit de mesurable et d’objectif pour évaluer le bonheur d’un collaborateur ils n’auront rien d’autre à répondre que « j’ai fait mon possible ». Gros malentendu : on ne peut se retrancher derrière une obligation de moyens quand la promesse sonne comme une obligation de résultat et est perçue comme telle.

Pour autant il y a derrière tout cela une bonne idée. On sait tous qu’un salarié heureux ou au moins satisfait est plus efficace et engagé qu’un salarié qui ne l’est pas. Alors sans promettre l’impossible, il y a sûrement quelque chose à creuser.

Rendre heureux est trop ambitieux, ne pas rendre malheureux est plus pragmatique

Quand on m’intéresse sur le sujet je réponds invariablement que si rendre heureux est une promesse trop haute et risquée pour celui qui la fait, éviter de rendre malheureux est davantage dans nos cordes.

Le bonheur ça manque de concret, ça n’est ni objectif ni pragmatique. Alors que les multiples points de friction, d’insatisfaction voire de douleur on les voit, on peut les identifier et on peut s’y attaquer. C’est davantage une question de courage que de définition d’un objectif que personne n’arrive à rendre concret.

Et puis le bonheur c’est un résultat, pas une action. Un caillou dans la chaussure est une douleur. L’enlever est une action. Quant au résultat ça ne sera peut être pas du bonheur mais moins de douleur, de frustration et d’insatisfaction et je trouve ça déjà pas mal.

Alors quand on essaie de trouver concrètement ce qui peut faire plaisir aux collaborateurs il y a deux écoles.

• le plaisir « déconnecté » : l’acte gratuit et à effet immédiat mais provisoire. Un remerciement, un baby foot dans l’open space etc.

• Le plaisir « connecté au travail » : suppression des irritants du flux de travail quotidien, des activités liées au métier. Plus long à mettre en place mais plus durable. Si je reprend l’analogie du caillou dans dans chaussure, l’enlever ne paie pas de mine mais a un impact plus important qu’offrir des bonbons ou une glace pour compenser.

Faire plaisir quand ça ne touche pas au travail même n’empêche pas que le retour au travail soit douloureux. C’est de la compensation. Faire plaisir quand ça touche le travail lui-même montre qu’on s’occupe des gens et qu’on est conscients du besoin de ne pas leur accrocher de boulets au pied alors qu’on leur demande de courir de plus en plus vite.

Allier bonheur au travail et performance : l’histoire de la poule et de l’œuf ?

Mais parce que (ne nous voilons pas la face) derrière tout cela se cache une recherche d’engagement et, surtout, de productivité, autant poser la question franchement : est-ce que c’est faire plaisir qui rend efficace ou est-ce rendre efficace qui fait plaisir ?

J’opterai pour la seconde option.

Parce que si le plaisir attendu n’est pas là, au moins il aura gagné en efficacité pour son bénéfice et celui de l’entreprise.

Parce que je préfère l’état d’esprit d’une personne à qui cela fait plaisir d’être meilleure et plus efficace dans son travail à celui d’une personne qui a besoin d’un « cadeau » ou d’un « calin » pour se remobiliser. Question de priorités, on sait lequel vient pour réaliser des choses et lequel vient juste prendre sa paie.

Chacun sa vision des choses.

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Arkéa affiche un résultat sans précédent

source: les echos

La banque mutualiste annonce un bénéfice net de 428 millions d’euros, en hausse de 27,3 %. Tous ses indicateurs sont au vert portés par les activités de son réseau et ses diversifications en marque blanche.

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Ambiance au beau fixe à Brest, au siège du Crédit Mutuel Arkéa qui annonce un résultat net de 428 millions d’euros réalisé en 2017 (+27,3 %) « à comparer aux 296 millions d’euros de bénéfices de l’exercice 2015 », indique tout sourire Jean-Pierre Denis, le président de la banque mutualiste. Les indicateurs d’Arkéa sont au beau fixe puisque son PNBA (équivalent du chiffre d’affaires, NDLR) d’un montant de 2,09 milliards d’euros progresse de 12,8 %.

Son portefeuille s’étoffe de 176.200 clients supplémentaires répartis entre son réseau d’agences, sa banque en ligne Fortuneo et sa société d’assurances Suravenir. Ses capitaux propres – 6,4 milliards d’euros – ont fait un bond de… 37 % depuis 2012 ! Arkéa présente de plus une baisse de 48,9 % de son coût du risque ramené à 53 millions d’euros l’an dernier. Près de la moitié de l’encours des crédits d’Arkéa – 5 milliards d’euros – sont des prêts à l’habitat, un secteur très porteur dans le grand Ouest compte tenu de sa démographie positive.

Part de marché de 30 % en Bretagne

Plus de la moitié (55 %) des activités du mutualiste proviennent de ses 457 points de vente et caisses locales. En Bretagne avec une part de marché de 30 %, « nous progressons, estime Jean-Pierre Denis, d’un peu moins de 1 % par an » et ce malgré la forte concurrence du Crédit Agricole. Le réseau très serré des agences d’Arkéa, avec une présence autant dans les villes que dans zones rurales, lui fait encore gagner de nouveaux prospects.

Mais Arkéa tire une partie de plus en plus importante de ses revenus de ses activités en marque blanche exercées pour le compte d’enseignes comme Auchan ou Amazon qui lui confient par exemple la gestion de cartes de paiement. « 25 % de notre chiffre d’affaires résulte de ce type de contrats signés avec nos partenaires pour un minimum de 8 ans. Ils génèrent 20 % des bénéfices du groupe », indique de son côté le directeur général Ronan Le Moal , bien décidé à poursuivre cette diversification rémunératrice.

700 embauches

Pour assumer cette croissance, Arkéa a besoin de recruter. L’an dernier, il a dépassé les 10.000 collaborateurs et intégré dans ses rangs 700 salariés supplémentaires dont la moitié a rejoint les agences commerciales. Il n’est pas question pour la banque de fermer certaines d’entre elles, mais d’en revoir le modèle. Dans le même temps, le numérique fait partie du quotidien du mutualiste, déjà actionnaire d’une dizaine de fintech. Son ambition est d’arriver dans les cinq ans à numériser 100 % des transactions de ses titulaires de comptes pour donner aux agences de nouvelles fonctionnalités dans « l’accompagnement de l’ensemble du parcours de vie des clients », insiste Ronan Le Moal.

Interview de Jean Pierre Denis: « Nous voulons construire notre autonomie »

FRANCE INFO – Jean-Pierre Denis, président du Crédit Mutuel Arkea, était l’invité de l’interview éco lundi. Il est revenu sur les bons résultats du groupe, publiés lundi.

Jean-Pierre Denis est le président du Crédit Mutuel Arkea.
Jean-Pierre Denis (RADIO FRANCE / CAPTURE D’ÉCRAN)

Le Crédit Mutuel Arkea a publié ses résultats financiers lundi 6 mars. Ce groupe bancaire regroupe le réseau des banques du Crédit Mutuel dans le sud-ouest, le massif Central et la Bretagne mais aussi la banque en ligne Fortunéo. Mais son président Jean-Pierre Denis insiste : « Il ne faut pas rentrer dans un processus de centralisation qui ferait de notre banque, une banque comme les autres ».

franceinfo : Allez-vous quitter le Crédit Mutuel ?

Il n’est pas question pour nous de quitter le Crédit Mutuel. Ce qui se joue à travers une tentative de centralisation du groupe bancaire, c’est la dénaturation du groupe. Nous voulons préserver le caractère très décentralisé de l’organisation du Crédit Mutuel. Nous ne voulons pas entrer dans un processus de centralisation, nous souhaitons continuer de nous développer tout en restant autonome. Nous voulons être dans le groupe mais ne rendre de compte qu’à nos actionnaires. Nous ne sommes pas une filiale de la confédération.

Souhaitez-vous une certaine autonomie au sein de l’ensemble ?

Je ne me bats pas contre l’autonomie du Crédit Mutuel Arkéa. J’essaie de faire en sorte qu’il n’y ait pas de volonté centralisatrice. Nous sommes contre la centralisation car elle ne correspond plus au paysage bancaire d’aujourd’hui. Dans l’environnement bancaire de nos jours, la taille n’est plus importante. Ce sont plutôt l’agilité, la souplesse et surtout le digital. Il y a une forme d’incompatibilité à être rattaché à un organe central qui ne présente pas les garanties d’impartialité qu’on serait en droit d’attendre de lui.

Allez-vous sortir de vos frontières traditionnelles, la Bretagne, le sud-ouest et le massif Central ?

Nous sommes déjà un réseau national. Notre filiale développe des activités partout en France. Fortunéo est une référence en matière de banque en ligne. Nous gardons la marque Crédit Mutuel pour dénommer nos caisses locales. Le groupe est constitué de plusieurs entités en concurrence. Nous sommes les seuls à constituer un établissement bancaire de plein exercice.

 

Le Crédit Mutuel Arkéa fait la démonstration de sa force

source: les échos

Le résultat net de la banque régionale progresse de 13,5 %, conjugué à un gain de 350.100 clients en 2016. De quoi nourrir la farouche volonté d’indépendance du groupe régional.logo CMA

Pour Jean-Pierre Denis, le président du Crédit Mutuel Arkéa, « la banque centralisée, c’est du passé ». Alors qu’il publiait ses résultats annuels lundi, il considère que ses performances confortent sa volonté d’indépendance vis-à-vis de la Confédération nationale du Crédit Mutuel qu’il souhaite quitter au plus vite pour créer son propre organe central. « La taille d’une banque n’est plus le driver, nous sommes une ETI [entreprise de taille intermédiaire], nos clients attendent de nous la proximité, la réactivité et l’innovation », insiste-t-il. Le produit net bancaire d’Arkéa (équivalent du chiffre d’affaires) est en hausse de 4,1 % quand son résultat net de 336 millions d’euros, en hausse de 13,5 %, « atteint un niveau historique ».

Non seulement ses activités de banque à réseau continuent de progresser puisque son portefeuille clients s’est renforcé de 9,8% l’an dernier, mais « 25% de notre chiffre d’affaires se réalise désormais pour le compte de tiers », ajoute Ronan Le Moal, le directeur général du groupe bancaire régional. Arkéa gère tout ou partie des opérations bancaires de nombreuses entreprises comme Système U ou Renault mais également Compte-Nickel, ainsi qu’Amazon ou BlaBlaCar en France. Ces contrats, souvent d’une durée de 5 à 10 ans, lui garantissent un volant récurrent d’activité et l’obligent à se situer en permanence à la pointe des technologies numériques indispensables à ces accords signés en marque blanche. « Cette diversification fait partie intégrante de nos différents relais de croissance. Les contrats pour compte de tiers génèrent désormais 10 % du résultat net du groupe », dit encore le directeur général.

Conserver les centres de décision en Bretagne

« Tous ces chiffres, affirme Jean-Pierre Denis, valident le positionnement du Crédit Mutuel Arkéa » qui n’a pas l’intention « de se dissoudre dans une organisation centralisée » et veut à tout prix conserver ses centres de décision principalement en Bretagne. « Nous disposons de 25 filiales, une centralisation du Crédit Mutuel entraînerait inéluctablement la rationalisation des moyens »… et la suppression d’emplois.

Doté de 6,1 milliards d’euros de capitaux propres, en hausse de 51% depuis cinq ans, Arkéa estime avoir les reins assez solides pour un avenir en solo. Bercy craint néanmoins une progression à moyen terme de ses tarifs pour compenser la mobilisation de fonds propres supplémentaires liés à une telle stratégie. De fait son indépendance n’est pas encore acquise. Plusieurs rendez-vous judiciaires vont encore ponctuer les prochaines actualités du groupe bancaire breton, notamment au sujet de la marque Crédit Mutuel qu’il entend bien conserver. Au second semestre de 2017, le Conseil d’Etat devrait être amené à statuer sur la solidarité financière des différentes fédérations. Là encore, Arkéa souhaite se désengager.