INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, FAUT-IL S’INQUIÉTER POUR LE MONDE DU TRAVAIL ?

source: ipssidm.com

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L’IA, DE QUOI S’AGIT-IL ?

Inspirée de la définition du professeur M. Marvin du Massachusetts Institute of Technology. L’IA recouvre toutes les tâches effectuées par des machines, qui seraient considérées comme intelligente si elles étaient faites par l’homme.

L’avantage de l’IA repose sur sa capacité à mémoriser sans limite l’historique, les paramètres et leurs évolutions. Ainsi la conservation en mémoire permet une adaptation permanente. Cela permet notamment la correction d’erreurs ou la création des systèmes d’alertes pour y remédier. La transmission de savoir, nécessaire aux humains, est inutile pour l’IA. La capacité prédictive des machines devient possible, elles se souviennent, anticipent et alertent.

Cependant, pour des opérations cérébrales comme raisonner, analyser son environnement et communiquer, l’être humain surpasse complètement la machine.

En effet, l’ordinateur est loin de la compréhension, d’une pensée autonome et son « intelligence » réside dans les programmes qu’il exécute, lesquels doivent être réalisés par l’être humain.

DEVONS-NOUS NOUS PRÉOCCUPER DES CONSÉQUENCES SUR L’ORGANISATION ACTUELLE DU TRAVAIL ?

En 2016, le Forum Economique Mondial estimait que 5 millions d’emplois seraient détruits d’ici à 2020, du fait de la 4ème révolution industrielle. Cette estimation inclut l’IA, la robotique, la nanotechnologie, l’impression 3D, la génétique et la biotechnologie. Précisons que : la disparition de 7,1 millions d’emplois (l’automatisation mais aussi les tâches administratives) devrait être compensées par la création de 2,1 millions de nouveaux emplois (l’informatique, les mathématiques et l’ingénierie).

D’après Laurent Alexandre, ex-chirurgien, cofondateur de Doctissimo, il faudra devenir complémentaire de l’IA pour continuer à travailler.  « Dans le futur, tous les gens qui ne seront pas complémentaires de l’intelligence artificielle seront soit au chômage, soit avec un emploi aidé ». 

«L’IA aura dépassé les meilleurs radiologues avant 2030», pronostique-t ’il. 

Aussi, Stephen Hawking est plus pessimiste, « Le développement de l’intelligence artificielle pourrait signifier la fin de l’espèce humaine ». Il ajoute : « Elle prendrait son envol et se restructurait à un rythme toujours croissant. Les humains, qui, sont limités par l’évolution biologique lente, ne pourraient pas concurrencer, et seraient remplacés ».

Nous comprenons l’utilité de faire évoluer les compétences de chacun afin d’utiliser les nouveaux usages numériques pour améliorer les performances.

Les webdesigners doivent faire évoluer leurs compétences pour continuer à travailler. Nombre de sites et de fonctionnalités sont proposés pour aider à la conception d’un site web.

La StartUp The Grid, permet de créer son site web grâce à des robots. Ils vont chercher à optimiser par le design les objectifs fixés par l’utilisateur. Ils sont aussi capables d’analyser les images et d’y détecter les parties saillantes ou les creux, il sait aussi analyser du texte pour identifier le sujet et ajuster la couleur des typographies aux contrastes. L’IA propose plusieurs variations d’assemblages de site web. »

L’HUMANITÉ AURA À CHOISIR ENTRE LE DÉMIURGE OU LE GOLEM

Les propos de Laurent Alexandre sont loin d’être rassurants : «Je vous rappelle que dans le futur tous les gens qui ne seront pas complémentaires de l’IA seront soit au chômage, soit avec un emploi aidé». Il ajoute même : «Aucun emploi non complémentaire de l’IA n’existera en 2050, par définition».

Il termine par : «Si on met de côté tous les gens qui ne sont pas complémentaires de l’IA et qu’on leur donne des jeux et du cirque, dans 50 ans on a Métropolis, et dans un siècle on a Matrix». 

À cette vision dantesque l’on peut opposer la faculté d’évolution et d’adaptation de l’humain… à condition qu’il en ait le temps et l’envie. Il reste à engager la réflexion des conditions de l’intégration de l’IA et ce en complémentarité plutôt qu’en substitution.

FutureOfWork : le travail de demain se construit aujourd’hui

source : welcometothejungle.co

Construire le futur du travail, voilà une mission ambitieuse qui a su regrouper des acteurs aussi divers que les politiques, les ressources humaines, ou encore les plateformes d’intermédiations et plus largement la « gig economy » qu’ils représentent. (Littéralement « économie des petits boulots », ce terme renvoie aux plateformes collaboratives comme Uber ou Deliveroo qui emploient majoritairement des micro-entrepreneurs et renouvellent ainsi le rapport au travail en diminuant le recours au travail salarié. Un modèle en plein essor partout dans le monde !). L’objectif  qui en découle :adapter le travail à l’orée de l’intelligence artificielle et autres technologies qui ont vocation à le bouleverser. Mais aussi : le calquer sur les attentes des futurs travailleurset offrir plus de flexibilité, plus de créativité, plus de collaboration. Bref, mettre la technologie au service du travailleur de demain. Jusqu’à modifier le sens même du mot « travail ».

S’il est un secteur qui est aux premières loges pour influer ce changement, c’est bien leSaaS – comprendre « software as a service », ou logiciels à usage professionnel. Le startup studio eFounders en est l’expert ! Acteur majeur du SaaS en Europe, il crée en effet des startups dont les logiciels sont déjà utilisés par des millions de professionnels. Entre ses murs se lancent chaque jour des idées, des discussions, des débats, des projets, des succès… qui ont et vont révolutionner l’entreprise dans son ensemble. Fort de cette expérience, eFounders a accepté de nous livrer sa conception du futur du travail. Tour d’horizon d’un futur plus collaboratif, plus intelligent, et plus heureux – de quoi faire aimer le travail.

Plus collaboratif

S’il est un point sur lequel tous s’accordent volontiers, c’est bien celui-ci. L’avenir du travail sera collaboratif, ou ne sera pas. D’une part, parce que les exigences liées au travail d’aujourd’hui sont à la croisée de différentes compétences. Et d’autre part, car c’est un vœu cher aux employés eux-mêmes. Plus d’échange, c’est pour chacun l’opportunité d’apprendre de l’expertise des autres et de s’impliquer, ensemble, dans le projet de boîte.

Ce mouvement vers plus de collaboration, vers plus de transversalité, ne date pas d’hier. Certains dinosaures du web – comme Dropbox – avaient déjà pressenti ce changement et ont permis très tôt la création et le partage de fichiers en ligne. Dans le SaaS en particulier, des logiciels collaboratifs comme Slack ont explosé ! Ce chat nouvelle génération facilite la transparence au sein des équipes et propose une nouvelle manière de travailler en groupe. Choisi par une majorité de startups, il permet en effet de créer des channels de discussion en interne sur des thèmes choisis pour faciliter les échanges et l’accès aux informations. il s’interface avec d’autres logiciels pour rassembler toutes les notifications liées au sein d’une même interface Slack (exemple : vous recevez un mail via le formulaire de contact de votre site, celui-ci apparaît automatiquement dans le Channel Slack « support ». Idem si vous créez un nouveau projet sur Trello ou recevez une candidature via Welcome Kit, l’outil de gestion des candidatures de Welcome to the Jungle). Une trajectoire vers plus de transparence que de nombreuses entreprises souhaitent suivre !

Exemple : Slite, du startup studio eFounders, souhaite développer le partage de connaissance en facilitant la collaboration sur la prise de notes.

→ S’adapter à des projets toujours plus interdisciplinaires, à des attentes des équipes pour plus de transversalité et de transparence – voilà l’un des chantiers du #FutureOfWork. Un créneau très porteur pour des SaaS qui veulent résoudre l’équation par un mix entre technologie et culture d’entreprise.

Plus intelligent

Ce changement-là, les professionnels du SaaS l’avaient déjà anticipé. Arrivée de manière fulgurante – et avec son lot d’inquiétudes – la vague de l’intelligence artificielle ne fait que débuter et déjà beaucoup voient en elle l’un des piliers du travail de demain.Automatisation des tâches, insights puissants, et même aide à la décision : voilà ce que promet l’IA appliquée au monde du travail. Un changement qui peut être anxiogène, mais dont le fondement est bien une volonté d’enrichir le travail – quitte à le réinventer au passage.

Les cas concrets ne manquent pasFred de la Compta offre des insights et de l’aide à la décision sur un secteur souvent outsourcé – la comptabilitéForest aussi mélangeanalytics et business opérations dans sa plateforme d’admin. Les deux permettent ainsi aux entreprises de reprendre la main sur des activités souvent reléguées au deuxième rang. L’IA vient également suppléer les humains sur certaines tâches fastidieuses. On pense bien évidemment aux bots (robots informatique) – comme celui de Julie Desk(assistant virtuel pour la prise de RDV) – mais aussi à des outils plus « traditionnels » tels que des nouveaux CRMs comme Near qui ajoutent une couche d’IA pour faciliter la gestion des bases de contacts.

→ Si la montée de l’IA a de quoi inquiéter – comme chaque révolution technologique a pu le faire en son temps – c’est aussi une manière de remettre l’humain au cœur du travail de demain. En sollicitant ces qualités qu’aucun bot ne saurait imiter : la créativité, bien évidemment, la prise de risque, aussi, et l’intuition. Bref, le travail à encore de beaux jours devant lui.

Plus heureux

Parfaitement : l’avenir du travail sera heureux ! Cela a de quoi surprendre, et pourtant. Si la promesse du revenu universel n’a pas su convaincre lors des élections présidentielles 2017, c’est là une contrepartie inéluctable de la montée de l’intelligence artificielle. Car forcément, qui dit automatisation de certaines tâches dit productivité décuplée. Ainsi, l’activité professionnelle deviendra un choix : le choix de s’investir dans un travail qui nous motive et via lequel on veut progresser et s’épanouir… La preuve de cet intérêt croissant pour la problématique du bonheur au travail ? L’émergence du métier de Chief Happiness Officer, inventé dans les années 2000 par un ingénieur chez Google. CHO, autrement dit : garant du bonheur en interne et de la culture d’entreprise.

Pour rendre le travail plus attractif, certains SaaS planchent aussi sur des solutions. La notion de bien-être au travail a déjà fait naître des beaux succès entrepreneuriaux :

  • Hivy, dont la solution de ticketing pour office managers fut propulsée au batch d’hiver du Y Combinator, compte parmi ceux-là. Elle permet aux employés de faire remonter tout type de demandes aux « office managers », que ce soit signaler un problème technique, réserver un taxi, un restaurant ou demander l’achat d’un matériel manquant. Une plateforme simple permet alors de tout gérer via un tableau de bord. Toutes ces requêtes inhérentes à la vie quotidienne de l’entreprise sont consultables aussi librement par les DRH et Managers sur leur smartphone, ce qui améliore aussi la transparence globale. Une bonne manière de booster l’engagement & l’investissement de chacun !
  • D’autres, plus récents, comme Briqentendent révolutionner la reconnaissance au travail – un chantier colossal, à la croisée des attentes des entreprises et des employés pour plus de bienveillance. Comment exprimer sa satisfaction à l’égard du travail fourni par les différents employés d’une équipe ? eFounders a fait le pari d’unemonnaie virtuelle avec Briq ! Une monnaie qui permet de s’encourager et se remercier au quotidien entre collègues via Slack. Vous venez de signer un gros contrat, avez fait le buzz avec votre dernier article, trouvé un Hack malin ou fini de développer une nouvelle feature ? Votre équipe ne manquera pas de vous féliciter en Briqs, que vous cumulez et pouvez alors dépenser sur un e-shop (livres, iPad, etc.). Jolie mentalité en interne pour booster la motivation générale !
  • Autre chantier, et pas des moindres : les outils dits de productivité. Pensés pour un usage intensif, certains logiciels comme Station souhaitent offrir plus de confort aux travailleurs surmenés par la multiplicité des onglets, des mots de passe, et des distractions dans leur console de travail.
  • Enfin, des startup comme Supermood ou Bloom at Work créent des outils pour sonder les salariés sur leur bonheur au travail via des questionnaires hebdo ou mensuels. Les résultats sont ensuite remontés de manière anonyme aux managers pour leur permettre de mieux gérer leurs équipes et façonner la culture interne. La parole est donnée aux collaborateurs pour faire changer les choses !

Ainsi, si le travail restera porteur de sens dans la vie de chacun des travailleurs de demain, il devra également rimer avec bien-être. Une équation pas aussi simple qu’il n’y parait, le travail restant après tout pour certains – et notamment pour les entrepreneurs – une sphère de compétition et d’accomplissement de ses ambitions personnelles. Un impératif qui ne pourra prendre le pas complètement sur la cohésion de groupe, critère qui tient une place de plus en plus prépondérante dans le choix d’un travail et à l’avenir dans le choix de travailler.

La France au 1er rang

Un peu par habitude, on s’attend à ce que les nouveautés pour le futur du travail soient importées des US, où la Silicon Valley tourne à plein régime. Et pourtant, tous les exemples cités sont français et basés en France (sauf Dropbox et Slack, bien évidemment). Comme si, las de devoir attendre des changements sur le plan institutionnel les entrepreneurs de la French Tech avaient décidé de se retrousser les manches et de réinventer le travail par le software.

Et le moins que l’on puisse dire c’est que le secteur est plein d’innovations et à la cote auprès des investisseurs. Chez eFounders, par exemple, c’est 9 startups et plus de $45 millions qui ont été levés en 6 ans d’existence. De quoi imaginer toujours plus loin, les frontières du travail de demain !

Infographie: Engagement des salariés

Selon une étude du cabinet Hay Group (www.haygroup.com), les changements dans le monde des affaires ont un impact direct sur nos façons de travailler, nos priorités et nos attentes.

Quelles sont les nouvelles règles du jeu ? Voici le résumé de l’étude en une infographie:

infographie

L’intégralité de l’étude est ici