Yelloan, partenaire de Financo, élue fintech de l’année

via usine digitale

La start-up Yelloan, qui a développé le concept de garantie participative pour faciliter l’accès au crédit, vient d’être élue fintech de l’année par le pôle de compétitivité Finance Innovation. En 2017, la jeune pousse ambitionne d’industrialiser son offre et planche sur de nouveaux algorithmes de scoring et sur la création d’un chatbot pour améliorer l’expérience utilisateur.

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Rendre le crédit à la consommation accessible à tous ceux qui en sont exclus, et particulièrement aux jeunes. Telle est l’ambition de la start-up Yelloan, qui vient de décrocher le prix de la fintech de l’année. Un prix décerné, ce jeudi 2 février, par le pôle de compétitivité Finance Innovation.

« Aujourd’hui, dès que vous n’avez pas un CDI, il est très difficile de se voir accorder un crédit à la consommation. Or, on sait que 3/4 des jeunes débutent leur carrière professionnelle avec un CDD et que c’est à ce moment là de la vie que des projets, comme l’achat d’une première voiture, sont réalisés », raconte Michaël Diguet, l’un des trois cofondateurs de Yelloan.

PARIER SUR LA COMMUNAUTÉ POUR ÉVALUER LA SOLVABILITÉ 

Partant de ce constat, la start-up parisienne a lancé il y a un an une offre de garantie participative. Ce nouveau concept propose aux emprunteurs de constituer une garantie représentant 5% du montant de leur prêt, en faisant appel à cinq de leurs proches (famille et amis). La somme est conservée par la banque pendant toute la durée du prêt et lorsque l’emprunteur a fini de rembourser son crédit, celle-ci est reversée aux différents participants.

Grâce à cette garantie participative, l’emprunteur peut décrocher un crédit, même s’il est en CDD, en intermittence ou encore autoentrepreneuriat. Le raisonnement est le suivant : si cinq personnes sont prêtes à faire confiance à l’emprunteur en lui versant une certaine somme d’argent, alors cela signifie que la banque peut aussi faire confiance à l’emprunteur. « La banque valorise la confiance accordée à l’emprunteur par ses amis et l’idée qu’ils pourront lui venir en aide en cas de difficultés financières futures », explique la start-up sur son site.

105 start-up ont candidaté pour décrocher le prix de la Fintech de l’année 2016, concours organisé par le pôle de compétitivité Finance Innovation. Ce concours s’adresse aux fintechs françaises nées après 2008 et dont l’effectif est inférieur à 100 salariés. Yelloan a tiré son épingle du jeu parmi les sept autres start-up finalistes (Payintech, Heoh, Evolution Energie, Risbee, Treezor, Easytransac, FundShop). Elle remporte ainsi un chèque de 8000 euros, un pack de communication, un an d’adhésion au pôle de compétitivité et une mise en relation avec ses partenaires.

 « Plutôt qu’évaluer la solvabilité d’une personne sur la pérennité de son contrat de travail, nous proposons aux banques de l’évaluer en regardant sa communauté », commente l’entrepreneur. Le chiffre « cinq » n’a d’ailleurs pas été choisi au hasard. « Nous voulions aller au-delà de la sphère familiale pour renforcer le sentiment de confiance de la banque », indique Michaël Diguet.

OBJECTIF : 3000 PRÊTS ACCORDÉS EN 2017

Les prêts sont plafonnés à 15 000 euros et la moyenne des prêts accordés est de 8000 euros sur 3 à 5 ans.  La start-up assure que le public visé peut bénéficier des mêmes taux d’intérêt que ceux accordés en général, soit 4% en moyenne. Pour l’heure, la pépite travaille avec trois partenaires bancaires. Son offre est d’ores et déjà disponible pour les clients de Financo, une filiale du Crédit Mutuel Arkea, et de la banque en ligne Monabanq. Un partenariat a également été noué avec Crédit Agricole Consumer Finance qui commercialise la marque Sofinco. Avec ce dernier partenaire, une offre devrait être lancée au cours des prochains mois.

En 2016, moins de 1000 prêts ont été accordés et Yelloan s’est fixée un objectif de 3000 prêts pour l’année 2017. La start-up se finance en prélevant une commission auprès des banques chaque fois qu’un prêt est accordé. Pour accélérer son développement, elle a récemment finalisé un tour de table d’1,75 million d’euros. Objectif : poursuivre ses efforts en R&D et déployer des actions de marketing et de communication afin de se faire connaître auprès du grand public.

UN ALGORITHME D’INCLUSION ET UN CHATBOT EN PRÉPARATION

En matière de R&D, la jeune pousse planche notamment sur de nouveaux algorithmes de scoring. Ces derniers reposent sur des technologies de machine learning et doivent permettre d’identifier les bons profils, parmi les individus habituellement exclus des crédits à la consommation. « On les appelle les scores d’inclusion », précise le cofondateur. Autre projet en cours : le développement d’un chatbot pour améliorer l’expérience client. « Pour rendre le crédit accessible, il faut le rendre le plus simple et plus efficace possible », explique Michael Diguet, qui promet que « l’utilisateur sera guidé de manière très personnalisée dans sa démarche de financement ».

La start-up entend également élargir sa cible en proposant une offre de garantie participative pour les PME et s’attaquer, dès 2018, à l’international. L’Espagne, l’Italie et les pays d’Amérique Latine sont visés en priorité.

La Fintech Yelloan lève 1,75 million d’euros, prochaine prise d’un groupe bancaire?

Yelloan, une Fintech qui propose un service de crédit participatif, annonce une première levée de fonds de 1,75 million d’euros réalisée auprès du fonds Seventure Partners. Alors que le marché du crédit à la consommation représente plus de 156 milliards d’euros d’encours sur l’année 2016, selon la Banque de France, Yelloan s’intéresse à ceux qui se voient refuser leurs demandes de crédit. A ce phénomène vient s’ajouter l’émergence du financement participatif qui, toutes catégories confondues (B2B, crowlending, peer-to-peer, crowdfunding) a généré 296,8 millions d’euros en 2015 d’après le baromètre de Financement Participatif France.

Si Yelloan entre dans la famille des solutions de financement participatif, c’est parce qu’elle fait reposer l’obtention du crédit (demandé auprès d’un établissement bancaire) sur la garantie de particuliers qui acceptent de verser 5% du montant du crédit demandé, «au cas où». Pour la banque, aucun frais de recouvrement à prévoir, et pour le particulier, la garantie d’obtenir un crédit, si déjà il a pu convaincre son entourage de faire un versement.

Le marché

Fait peu commun pour une start-up, Yelloan n’a pas eu besoin de prospecter pour trouver ses clients emprunteurs. Dès sa création, elle s’est directement intégrée aux offres de crédit des groupes Crédit Mutuel Arkéa (Financo) et Cofidis (Monabanq) qui sont riches en dossiers de crédits refusés.

Pour que son modèle participatif soit viable, Yelloan a toutefois fixé un plafond de 15 000 euros de crédits par emprunteur. A ce jour, l’emprunt moyen via la plateforme est de 8 000 euros (soit une garantie de 400 euros à apporter par ses «amis»). Le taux est fixé à 4%, «comme ceux du marché du crédit à la consommation», courant sur une période de 3 à 5 ans. Ces emprunteurs cooptés sont des «jeunes en CDD exclus du crédit, des indépendants, des projets de TPE qui cherchent par exemple à financer une voiture pour un premier emploi», explique Mickaël Diguet.

Ils seraient déjà «plusieurs milliers» à utiliser la plateforme. Pour 2017, elle vise 3 000 à 5 000 prêts octroyés, notamment «grâce à un contrat important avec la filiale du Crédit Mutuel Arkéa», affirme le fondateur. La banque se montre particulièrement intéressée par le rachat de start-up, à l’image de Leetchi, Linxo, Grisbee, Yomoni, Younited.

 

Les objectifs

Yelloan réfléchit à une offre pour les PME qui ont aussi des difficultés à accéder au crédit. Elle va également investir dans sa R&D «en travaillant sur les algortihmes de scoring pour déterminer qui est solvable (…) et l’expérience utilisateur». Quant à savoir si la Fintech pourrait tomber dans le giron d’une banque, on assure que l’investisseur principal (Seventure Partners) a l’habitude de faire grandir une société pendant «4 ou 5 ans», avant de penser à sa sortie.

  • Yelloan : les données clés

Fondateur: Mickaël Diguet, Paul Peyre, Marc Diguet

Siège: Paris

Date de création:  2015

Effectifs: 8 > 15