Pour travailler, ces salariés prennent des médicaments

source: capital.fr

De plus en plus de travailleurs se gavent de médocs à cause de leur boulot. Un phénomène encore tabou en entreprise mais qui, selon les chercheurs, se banalise. Enquête.

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Photo de Pixabay sur Pexels.com

Sa première nuit sous Stilnox, un puissant somnifère délivré sur ordonnance, Benoît n’en garde pas de souvenir précis. Un sommeil profond et sans rêve. «C’est venu comme une nécessité, ponctuellement», se rappelle-t-il. Entre septembre 2016 et juin 2017, Benoît, 36 ans, a travaillé en horaires décalés : une semaine, il embauchait à 6 heures, celle d’après à 14 h 30. «Ce qui était compliqué, c’était le passage du travail en soirée à celui du matin. Ça flinguait mon rythme. Quand tu arrives en ayant dormi trois heures seulement, ce n’est pas évident de bien bosser.»

D’abord réticent à l’idée de piocher dans la pharmacie pour trouver le sommeil, Benoît s’y est pourtant résigné. Sur les conseils de sa belle-mère, médecin, il prend un demi-comprimé pour «tomber pendant cinq heures» et «se libérer du stress de ne pas arriver à dormir». Aujourd’hui, il travaille toujours en décalé, mais à un rythme plus régulier qui lui permet de se passer d’artifices pour dormir. «Si ça avait duré plus longtemps, confesse-t-il, je ne sais pas comment j’aurais géré.»

Prendre des médicaments à cause de son travail, un phénomène banal ? L’ampleur de la question semble difficile à évaluer, en l’absence de données chiffrées précises. Mais Benoît est sans doute loin d’être le seul à être tombé dans le piège de la surmédicalisation. «En milieu professionnel, on cite souvent l’alcool et les drogues, mais on parle des médicaments de façon très marginale», remarque Gladys Lutz, auteure, avec Dominique Lhuilier et Renaud Crespin, de Se doper pour travailler (Erès, 2017). Selon eux, le recours à la pharmacopée est pourtant au cœur de la réalité quotidienne de nombreux salariés : «Les entreprises attendent des performances et une réactivité permanente.

C’est un scénario irréel : l’être humain est vulnérable», explique Dominique Lhuilier, professeure émérite en psychologie du travail au Centre de recherche sur le travail et le développement. Résultat : «Une offre toujours plus large de produits dopants en pharmacie et parapharmacie, poursuit la chercheuse. Ingérer des médicaments, c’est reculer, faute de mieux, face au stress, à la pénibilité de certaines tâches ou aux horaires décalés. Cela ne permet pas de traiter le problème à la racine.»

Dopage quotidien

Pas question pourtant d’en parler ouvertement. Du côté des salariés, «prendre des médicaments est vécu comme un signe de fragilité, souligne Gladys Lutz, docteure en psychologie du travail et chercheuse associée au Centre d’étude et de recherche Travail, organisation, pouvoir de Toulouse, et présidente de l’association Addictologie et Travail (Additra). En entreprise, on ne peut pas toujours se permettre de le montrer. Certaines personnes trimballent avec elles une véritable pharmacie pour “invisibiliser” leur douleur.» Côté employeurs, «questionner l’usage excessif des médicaments signifierait qu’il y a peut-être un problème de conditions de travail», estime Philippe Hache, médecin du travail et expert pour l’Institut national de recherche et de sécurité.

Somnifères, antidépresseurs, anxiolytiques et antalgiques font partie des médicaments les plus consommés, quand il ne s’agit pas d’un mélange plus ou moins savant de tous ces remèdes. «On avale un comprimé pour la douleur, pour dormir, pour se renforcer, pour augmenter ses performances… C’est pour cela que nous avons utilisé le terme de “dopage”. La logique est un peu la même que pour les sportifs», note Dominique Lhuilier. Des patients dont l’armoire à pharmacie déborde, le Dr Michel Hautefeuille en voit défiler. Ce psychiatre addictologue, qui exerce au centre médical Marmottan à Paris, travaille sur ce sujet depuis le début des années 2000.

«Marmottan est situé tout près de la Défense, un quartier peuplé de gens ayant le profil typique de ces dopés du quotidien», explique-t-il. Et de raconter ces travailleurs qui viennent le voir en disant «Je ne suis pas toxicomane, mais je prends des produits pour tenir»… Selon lui, aucun métier ou échelon hiérarchique ne serait épargné. «Au début des années 2000, je recevais essentiellement des cadres des milieux de la banque et de l’informatique. On a constaté ensuite une sorte de démocratisation du phénomène. Aujourd’hui, toutes les professions émargent au dopage quotidien», juge le médecin, qui a récemment reçu une enseignante et un coursier. Des patients aux âges très variables, mais souvent situés entre 30 et 40 ans.

Cécité collective

«C’est une consommation solitaire, que les gens taisent en général», pointe Dominique Lhuilier. «Les discussions sur le sujet se limitent à partager le nom d’un somnifère avec un collègue, soit sous forme de boutade, soit en privé, à l’abri», renchérit Gladys Lutz. Michel Hautefeuille corrobore ce sentiment de malaise. «J’ai reçu des gens qui partageaient un même bureau et avouaient leur honte à prendre des stimulants alors que leurs collègues, selon eux, ne prenaient rien… Je savais que c’était faux», raconte le psychiatre, qui pointe «une espèce de cécité collective».

Face au mal-être dû au travail, quel comportement adopter ? «Il faut commencer par essayer de comprendre ce qui se passe, recommande Michel Hautefeuille, et ne pas hésiter à consulter. Et, si l’on prend des remèdes, il ne faut jamais dépasser la dose prescrite.» Un conseil qui peut sembler banal, mais qui reste utile : les stimulants, par exemple, peuvent engendrer des maladies cardiaques, des troubles du sommeil ou du comportement. «Certains de mes patients choisissent de faire du yoga ou de la sophrologie, indique le médecin. Moins l’on avale de médicaments, mieux c’est !»

Pas de bibine au bureau !

Si 2 responsables sur 3 organisent des fêtes au sein de leurs locaux, seul 1 sur 10 déclare la présence d’alcool lors de ces occasions, révèle une étude réalisée en 2019 par la plateforme d’intérim MisterTemp’. Ils invoquent évidemment le fait de ne pas souhaiter voir leurs collaborateurs ivres, mais aussi, tout simplement, la présence d’un règlement intérieur prohibant l’entrée d’alcool dans les bureaux. De fait, même si un tel règlement n’existe pas, le code du travail interdit les boissons alcoolisées dans l’entreprise… à l’exception du vin, du cidre, du poiré et de la bière ! Pourquoi ceux-là ? L’article R4228-20 ne le précise pas.

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Le crédit conso poursuit son redressement

source: les echos

La production cumulée sur douze mois est revenue à son niveau de septembre 2009. Elle est tirée par les locations avec option d’achat. Les volumes de crédits renouvelables stagnent après avoir chuté sous l’effet des tours de vis réglementaires.

Le marché français du crédit à la consommation continue de remonter la pente après avoir été durement été éprouvé par la crise et les tours de vis réglementaires.

La production cumulée de ces prêts sur les 9 premiers mois de l’année a augmenté de 4,5 % par rapport à la même période l’année dernière, pour atteindre 29,7 milliards d’euros selon les données publiées lundi par l’Association française des sociétés financières (ASF). Celle-ci représente notamment les spécialistes de la distribution de ce type de prêts sur le lieu de vente.

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Un redressement soutenu par les opérations de location

Sur douze mois, la production cumulée de ces nouveaux prêts destinés à financer un besoin personnel ou un service (comme de l’électroménager ou des travaux), a atteint plus de 40 milliards d’euros en septembre. Même s’ils restent très loin des niveaux enregistrés en 2007 et 2008 (autour de 45 milliards d’euros), les volumes sont ainsi retournés au niveau de septembre 2009. Ces statistiques confirment la poursuite du redressement du marché entamée en 2015, dans le sillage de la reprise de l’activité économique.

Les opérations de location avec option d’achat (LOA) font plus que jamais figure de locomotives pour le secteur. Compte tenu de l’appétit croissant des consommateurs pour la location au détriment de la propriété, la production cumulée sur 9 mois de financements d’automobiles via des LOA a progressé de 27,6 % par rapport à la même période l’année dernière pour dépasser 4,6 milliards d’euros en septembre.

La production de crédits renouvelables stagne

Les prêts personnels, qui peuvent être utilisés librement, continuent cependant de représenter le gros des nouveaux prêts à la consommation. S’élevant à plus de 10 milliards d’euros sur les neuf premiers mois de l’année, la production (rachats de créances compris) a augmenté de 1,3 % sur un an. La production de crédits affectés (auto, travaux, équipements etc.) est aussi dynamique avec une croissance de 1,8 %, à 7,2 milliards d’euros sur 9 mois.

En revanche, les volumes de nouveaux crédits renouvelables sont restés quasiment inchangés sur un an (-0,2 %) pour atteindre 7,3 milliards d’euros (en cumulé sur 9 mois). Ces données confirment la stagnation à un niveau bas de la production de ces prêts dont le capital se reconstitue au fur et à mesure des versements.

Avant de se stabiliser en 2016, la production de crédits renouvelables avait dégringolé à partir de 2008, sous l’effet de la crise et de l’encadrement de la distribution de ces crédits par la loi Lagarde de 2010. Alors que celle-ci a été complétée par la loi Hamon en 2014, la part du crédit renouvelable dans la production totale des établissements spécialisés est passée de 41 % en juin 2009 (sur douze mois), à 26 % à la fin de l’année dernière.

La reprise: c’est maintenant !

La reprise: c’est maintenant !

Tel est le titre choisi par l’ASF* pour sa lettre du premier trimestre 2015. Cette lettre présente également les activités chiffrées des établissements spécialisés en 2014, avec notamment le crédit consommation qui progresse de +1,2%. Nous y apprenons aussi que la saisine du médiateur ASF est désormais  possible en ligne.

ASF
*ASF = Association des Sociétés Financières à laquelle Financo adhère et au sein de laquelle l’UNSA Financo est présente lors des négociations et commissions de la convention collective

La lettre

Net recul de la production de crédits conso en janvier 2015

L’ASF (Association des Sociétés Financières dont Financo fait partie) vient de publier la production des crédits consommation de janvier 2015. Elle est en recul de 4,9% par rapport à janvier 2014.

chiffres ASF

En détails: la production de crédits renouvelables a diminué de 9,3%, celle des prêts personnels de 4,7%, celle des crédits affectés de 8,1% comprenant un recul de 13% des prêts auto neuves. En revanche, la LOA a progressé de 30%.

 

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