Burn out : 40 ans de non-reconnaissance

source: france culture

Régulièrement débattu, cet état d’épuisement professionnel n’est toujours pas considéré comme une maladie, alors même qu’il a été identifié depuis les années 70.

Le tableau Le Sommeil de Saint-Pierre (1730) de Giuseppe Antonio Petrini.
Le tableau Le Sommeil de Saint-Pierre (1730) de Giuseppe Antonio Petrini.

La proposition de loi sur le burn-out qui vise à « reconnaître comme maladies professionnelles les pathologies psychiques » liées au travail, initiée par François Ruffin (FI), a été rejetée une première fois en commission des affaires sociales. Elle doit à nouveau être examinée en séance publique, ce jeudi 1er février. « Le stress est aujourd’hui le premier risque pour la santé des travailleurs dans le monde« , avait assuré le député de la France insoumise avant de préciser qu’il existait « entre 200 000 et 500 000 cas » de « troubles psychiques liés au travail« .

Les députés LREM ont préféré rejeter le texte en premier examen, le député des Deux-Sèvres Guillaume Chiche invoquant l’existence « d’une difficulté à reconnaître les syndromes du burn-out comme maladie professionnelle« . « Si le burn-out n’est pas une maladie, il engendre des troubles psychiques qui sont connus », comme le « stress post-traumatique, la dépression lourde, l’anxiété généralisée…« , a précisé François Ruffin sur RTL.  De fait, le burn-out n’a jamais été reconnu comme maladie professionnelle… ni comme maladie tout court. Il n’est référencé ni dans la Classification internationale des maladies de l’Organisation mondiale de la santé – pour laquelle il s’agit juste d’un facteur influant sur l’état de santé -, ni dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, les deux grandes nomenclatures internationales de référence. Et pourtant, le terme burn-out existe et est utilisé depuis les années 70.

Des symptômes identifiés dans le corps médical

Une médecin épuisée.
Une médecin épuisée. Crédits : Sigrid Gombert / Cultura CreativeAFP

Le  terme  « burn-out » apparaît d’abord dans les années 60. Alors dissocié de travaux scientifiques, il sert à désigner une fatigue extrême liée au travail. Ce n’est qu’avec les travaux du psychanalyste new-yorkais Freudenberger que le terme est conceptualisé. En 1974, il publie le premier un article qui se penche spécifiquement sur ce qu’il appelle le « burn out syndrome« . Il observe que de nombreux bénévoles des Free clinics finissent par perdre leur motivation au travail et que des symptômes reviennent régulièrement : fatigue, rhumes, maux de tête et insomnies notamment. Surtout, il réalise que les personnes concernées ne gèrent plus leur émotions de la même façon, sont plus souvent en colère ou deviennent cyniques.

En décembre 2003, dans l’émission Surpris par la nuit, le pédopsychiatre Pierre Canoui retraçait l’apparition de ce terme : « Burn-out est un mot anglais qui a été popularisé dans les années 70 par Freudenberger, un psychanalyste de la côté ouest des Etats Unis. Ses éducateurs travaillaient dans les Free Clinics, avec des toxicomanes. Il raconte qu’il a entendu ses éducateurs et ses infirmiers psychiatriques dire « On est en burn-out ». Qu’est-ce que ça veut dire cette histoire de burn-out ? C’est un terme qui a été utilisé par les soignants et qui a été repris par les psys, qui ont essayé, dans une perspective plus comportementaliste, d’observation extérieure, de voir ce que ça voulait dire. Mais si on fait refait l’histoire, j’ai retrouvé un texte de 1959, de Claude Veil, un psychiatre français, sur les états d’épuisement, où il décrit qu’il a été confronté en pathologie du travail, à un état un peu particulier, qui ne rentrait pas dans les nosographies psychiatriques, dans la catégorie de la dépression simplement, qui ne représentait pas un état de fatigue habituel ».

Alchimie de l’épuisement : lieux communs (Surpris par la nuit, 16/12/2003)

Freudenberger classe en 12 étapes les différentes phases de son expérience, allant d’un « besoin de se prouver à soi-même amenant à une ambition excessive » jusqu’à un « épuisement qui peut être mortel« . Il considère alors le burn-out comme un état de déséquilibre entre le désir d’aider autrui et l’accomplissement personnel.

La popularisation du concept doit beaucoup aux psychologues Christina Maslach et Susan Jackson. En 1976, elles s’appuient sur 200 interviews à destination de professionnels travaillant avec des personnes en détresse et définissent  trois catégories :

  • L’épuisement émotionnel, à la fois psychique et physique.
  • La dépersonnalisation, ou cynisme, qui se traduit par un retrait et une indifférence vis-à-vis du travail.
  • Le sentiment de perte de l’accomplissement personnel, qui conduit à la dévalorisation de soi.

Ces interviews permettent également de réaliser que le phénomène avait déjà été identifié, sous une autre dénomination, au sein des professions interrogées.

Mesurer et définir le burn-out

Quelques questions du Maslach Burnout Inventory.
Quelques questions du Maslach Burnout Inventory. Crédits : Capture d’écran du site Masef.com

C’est en 1981 que les travaux de Christina Maslach et Susan Jackson achèvent de donner une certaine légitimité au concept de burn-out : elles publient un livre accompagné d’une méthode de mesure, le Maslach Burnout Inventory (MIB). En s’appuyant sur les catégories déjà identifiées, elles créent un test, en 22 questions, qui permet de mesurer le syndrome d’épuisement professionnel. D’abord destiné aux professions de soin à la personne, une seconde version a été développée pour les enseignants et éducateurs, avant qu’une troisième version, en 1996, ne voie le jour pour la population générale.

Cette méthode est encore la plus utilisée aujourd’hui, précisent  V. Kovess-Masfety et L. Saunder dans Le Burn-out : historique, mesures et controverses, avec plus de 90  % des articles traitant du sujet se référant à cette technique. Depuis, de nombreux autres tests ont vu le jour, à l’image du Copenhagen Burnout Inventory (CBI) en 2005, développé par le chercheur Karl B. Kristensen pour l’Institut national de la Santé au Travail du Danemark, qui replace au centre de l’évaluation la notion d’épuisement en questionnant l’épuisement personnel, professionnel et relationnel.

De fait, les nombreuses études qui se penchent sur le burn-out en proposent différentes définitions, qui convergent toute sur un point précis : il s’agit d’un état d’épuisement extrême, à la fois psychologique et cognitif, lié au travail.

Le burn-out en France : une maladie non-reconnue

En France, on ne commence à parler sérieusement de burn-out qu’après la vague de suicides qui touche France Telecom dès 2006. On s’intéresse alors un peu plus précisément à la question des risques psychosociaux liés à l’environnement professionnel, jusqu’à la signature d’un accord sur la prévention du stress au travail en 2008, qui reconnaît la responsabilité possible de l’employeur dans les maux d’ordre psychologique.

D’après l’Agence Européenne de Sécurité et Santé au travail, la France accuse néanmoins un sérieux retard dans ce domaine de prévention. Ce n’est d’ailleurs pas le ministère de la Santé publique ou l’INSERM qui se sont emparés de la problématique de l’épuisement professionnel, mais le ministère du Travail. En France, les psychopathologies sont peu indemnisées, et il faut attendre 2015 pour que la « loi Rebsamen » sur le dialogue social n’ajoute les pathologies psychologiques aux maladies ayant une origine professionnelle.

En septembre 2015, dans Les Pieds sur Terre, Aude racontait ainsi son expérience du burn-out : « Je ne peux pas. Je ne peux pas prendre l’arrêt maladie j’ai trop de travail je ne vais pas m’en sortir. J’arrive à la gare et là j’ai un trou noir, j’étais tétanisé. Je ne sais pas comment j’ai fait mais je me suis retrouvé dans le bureau d’un médecin. J’étais en crise, je n’arrêtais pas de pleurer. Il m’a dit : « Mademoiselle là vous êtes en train de faire un début de burn-out, si vous continuez comme ça dans 6 mois vous allez craquer ». J’ai tenu 9 mois. Et j’ai fait ma tentative de suicide« .

Déjà à l’époque, avant la proposition de loi à l’initiative de François Ruffin, Benoît Hamon, alors député socialiste, avait proposé la reconnaissance du burn-out comme maladie professionnelle, sans succès.  En France, pourtant, dans de très rares cas, il est possible que le syndrome d’épuisement professionnel soit reconnu comme une maladie professionnelle : pour cela un salarié doit saisir le Comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles, à laquelle il doit prouver une incapacité permanente partielle d’au moins 25% ainsi que le lien direct entre les symptômes et le travail exercé. Une tâche ardue : les symptômes (dépression sévère, troubles cognitifs, difficulté à se lever, insomnies, etc.) varient d’un salarié à un autre et en l’absence d’une définition claire du burn-out, la plupart des dossiers sont écartés. La complexité des origines du syndrome d’épuisement professionnel, les multiples facteurs qui en sont la cause, peuvent aussi être les symptômes d’autres pathologies psychologiques. L’existence du burn-out n’est certes pas niée, mais il n’est pas pour autant listé dans les « tableaux de maladies professionnelles », qui définissent les maladies indemnisables.

Des enjeux difficiles à évaluer

L’ampleur du phénomène de burn-out reste cependant très difficile à évaluer d’après un récent rapport de l’Académie de de médecine, qui explique que « les données épidémiologiques sur le burn-out sont à ce jour très insuffisantes« . En cause ? Les instruments existants, au premier rang desquels le questionnaire de Maslach, ne sont pas des outils de diagnostics.

En 2014, un cabinet spécialisé dans la prévention des risques professionnels proposait le chiffre de 3,2 millions de personnes ayant un risque élevé de faire un burn-out en France. L’Institut de veille sanitaire estimait quant à lui dans une étude que l’épuisement professionnel concernait près de 7 % des gens en souffrance psychologique liée au travail, soit un peu plus de 30 000 personnes. Dans son bilan Santé travail : enjeux & actions, publié le 16 janvier, l’Assurance maladie indique que plus de 10 000 affections psychiques ont été reconnues comme maladie professionnelle en 2016, soit 1,6 % des accidents du travail. Si le nombre de cas reconnus a été multiplié par 7 en 5 ans, impossible de savoir combien sont liés précisément à l’épuisement professionnel, en l’absence de reconnaissance de cet état.

En février 2013, dans Les Matins, la sociologue du travail et directrice de recherche au CNRS Danièle Linhart précisait que « les enseignants sont en pointe de la catégorie des gens qui souffrent de burn-out, mais c’est quelque chose de très diffusé, à des postes même très très subalternes. On pourrait être étonnés de la façon dont les gens mettent en jeu leur vie dans leur travail et même en question toute l’entièreté de leur personne… C’est ça qui est inquiétant« .

Outre les difficultés inhérentes à la reconnaissance d’une nouvelle maladie dont les origines ne sont pas toujours aisément identifiables, il existe également d’importants enjeux financiers : l’épuisement professionnel entraîne en effet jusqu’ici des arrêts maladies dits « classiques », c’est-à-dire compensés, pour les entreprises, par la Caisse primaire d’assurance maladie. Mais s’il vient à être reconnu comme une maladie d’origine professionnelle, il devra être remboursé par la branche « accidents du travail-maladies professionnelles » de l’Assurance maladie financée, elle, par les employeurs.

A terme, la reconnaissance du syndrome d’épuisement professionnel pourrait donc entraîner une hausse du coût du travail, le taux de cotisation d’une entreprise dépendant du nombre d’accidents du travail et de maladies professionnelles. Mais à l’inverse, elle pourrait inciter à de meilleures politiques de préventions, qui auraient sur le long terme un effet bénéfique sur la santé, et in fine sur le coût du travail.

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Recommandations de la Haute Autorité de Santé sur le burn-out

Au-delà des débats, faire le bon diagnostic et proposer une prise en charge personnalisée

Sujet à débat et à controverse, le « syndrome d’épuisement professionnel » peut avoir des conséquences graves sur la vie des personnes et nécessite une prise en charge médicale. Syndrome complexe et aux manifestations diverses, il est mal connu, difficile à repérer, parfois diagnostiqué à tort ou confondu avec d’autres troubles psychiques. La HAS publie aujourd’hui des recommandations pour aider les médecins traitants et médecins du travail à diagnostiquer le burn-out, le prendre en charge de façon adaptée et accompagner le retour au travail.

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Entré dans le langage courant, le terme « burn-out » est aujourd’hui utilisé pour décrire toute sorte de stress, de grande lassitude ou de fatigue par rapport à son travail. Il s’agit pourtant d’un véritable syndrome qui se traduit par un épuisement physique, émotionnel et mental profond, causé par un investissement prolongé dans des situations de travail exigeantes. Le burn-out peut avoir des conséquences importantes sur la santé et la vie sociale des personnes et requiert une prise en charge médicale adaptée. Pour autant, le diagnostic de ce syndrome – qui n’est pas une maladie en tant que telle – reste difficile à établir ; il peut souvent passer inaperçu, être diagnostiqué à tort ou encore traité de façon inadéquate.

L’objectif du travail de la HAS est de permettre aux professionnels de repérer les symptômes et de dresser le bon diagnostic, afin de proposer une prise en charge personnalisée et d’aider au retour au travail. A chacune de ces étapes et avec l’accord du patient, la collaboration entre le médecin traitant et le médecin du travail est essentielle.

Repérer les manifestations du burn-out…

Identifier le burn-out est complexe pour différentes raisons : ses manifestations diffèrent d’un individu à l’autre, s’installent de manière progressive voire insidieuse et sont parfois les mêmes que pour d’autres troubles psychiques ou maladies. Ces principaux symptômes sont aussi bien d’ordre émotionnel (anxiété, tristesse, hypersensibilité, absence d’émotion…), cognitif (troubles de  la mémoire, de l’attention, de la concentration…), comportemental ou interpersonnel (isolement social, comportement agressif ou violent, diminution de l’empathie, comportements addictifs…), motivationnel (désengagement, remise en cause professionnelle, dévalorisation…) que physique (troubles du sommeil, troubles musculo-squelettiques, gastro-intestinaux…). Après avoir identifié ces manifestations et écarté l’hypothèse d’une maladie physique, il faudra juger de leur sévérité et évaluer en priorité le risque suicidaire.

 …et analyser les conditions de travail et les facteurs individuels, afin d’établir le bon diagnostic

Les symptômes repérables n’étant pas spécifiques au burn-out, le médecin traitant et le médecin du travail devront s’intéresser en complément :

  • aux conditions de travail (intensité et organisation du travail, exigences émotionnelles, autonomie et marge de manœuvre, relations dans le travail, conflits de valeurs, insécurité de l’emploi[1]),
  • à la personne et à son vécu (antécédents personnels et familiaux – notamment antécédents dépressifs -, événements survenus dans la vie personnelle, soutien de l’entourage, rapport au travail).

La confrontation de ces différentes analyses permettra d’établir ou non le diagnostic de burn-out. Cela permettra en effet de le différencier d’autres troubles psychiques (dépression, troubles anxieux, stress post-traumatique) ou d’établir qu’ils coexistent avec lui. L’aide d’un psychiatre pourra être sollicitée à cette étape.

Personnaliser la prise en charge du burn-out, sans recours systématique aux antidépresseurs

La prise en charge du burn-out doit être individualisée en fonction des manifestations constatées, des éventuelles pathologies associées identifiées, de l’historique du patient et de son travail. Elle repose principalement sur :

  • un arrêt de travail, dont la durée est adaptée à l’évolution du trouble et au contexte socio-professionnel,
  • la combinaison d’interventions psychothérapeutiques ou psychocorporelles (thérapies cognitivo-comportementales, relaxation, méditation pleine conscience,…),
  • un éventuel traitement médicamenteux, notamment par antidépresseurs, mais uniquement si le burn-out est associé à des troubles anxieux ou dépressifs,
  • l’intervention d’un psychiatre pour les cas complexes ou sévères, pour une réévaluation des traitements médicamenteux ou pour une poursuite d’arrêt maladie.

Agir sur le contexte socioprofessionnel et accompagner le retour au travail

Il est nécessaire d’anticiper et de préparer le retour au travail. L’analyse du poste et des conditions de travail permettra de mettre en place d’éventuelles actions de prévention individuelle et/ou collective.

Avant le retour au travail, il est recommandé d’organiser une (ou plusieurs) visite(s) de pré-reprise avec le médecin du travail. A l’issue de la visite de pré-reprise, le médecin du travail pourra recommander des aménagements ou adaptations du poste de travail, voire des mesures visant à faciliter le reclassement du salarié ou sa réorientation professionnelle. Un suivi régulier impliquant  le médecin du travail, le médecin traitant et, le cas échéant le psychiatre, est indispensable pour aider au maintien dans l’emploi du patient.

Burn out : les douze signes qui doivent vous alerter

source: Francetvinfo

Rares sont ceux qui ne se sont pas sentis un jour épuisés à la fin de leur journée de travail. Ou stressés le matin, à l’idée d’en affronter une nouvelle. Parfois, les vacances sont attendues avec une telle impatience que l’individu s’interroge : suis-je en train de faire un burn out ? Si ce terme anglais n’a toujours pas rencontré de consensus scientifique, il répond à une liste de symptômes précis, identifiés au gré des centaines d’études menées sur le sujet.

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Pour savoir si vous êtes atteint par ce syndrome des temps modernes, répondez par « OUI » ou par « NON » à chaque phrase.

1. Pour x raisons – changement de poste, de chef, restructuration, nouvelles missions, etc. – vous avez le sentiment de ne plus être aussi efficace au travail.
OUI NON

2. Vous présentez des troubles de l’attention, de concentration, de mémoire. Vous ne trouvez pas vos mots, vous faites des erreurs.
OUI NON

3. Vous compensez avec des horaires à rallonge pour tenter de retrouver l’efficience antérieure. En vain.
OUI NON

4. Le repos n’est plus réparateur. Au réveil, au retour d’un week-end ou de vacances, la fatigue revient aussitôt. Vos ruminations sur le travail vous empêchent de dormir.
OUI NON

5. Contrairement à une dépression, vous n’avez pas le goût à rien, vous n’êtes pas triste tout le temps. Mais le travail est votre principale préoccupation.
OUI NON

6. Vous vous montrez irritable, vous avez des accès de colère. Vous passez facilement du rire aux larmes.
OUI NON

7. Votre entourage a beau vous alerter, vous êtes dans le déni par rapport à votre surmenage. Vous vous repliez sur vous, avec un sentiment de solitude grandissant.
OUI NON

8. Vous souffrez de maux de tête, de douleurs musculo-squelettiques, de troubles du comportement alimentaire, d’infections virales (ORL) à répétitions, de palpitations…
OUI NON

9. Pour tenir le coup, vous avez recours à des substances psychoactives (alcool, tabac, drogue).
OUI NON

10. Vous ressentez un épuisement émotionnel, renforcé par le déni de l’encadrement à l’égard de votre situation. Vos tâches se transforment en mission impossible.
OUI NON

11. Vous avez un comportement à risque, accidentogène.
OUI NON

12. Bienveillant d’ordinaire, vous devenez cynique à l’égard de vos « usagers » au travail (patients, clients, public, etc.). Vous travaillez frénétiquement mais mécaniquement.
OUI NON

Si vous répondez « OUI » aux cinq premiers signes

Ne passez pas votre chemin. Les cinq premiers symptômes décrits ci-dessus sont déjà significatifs dans la mesure où le « sommeil non réparateur et l’hyperactivité compensatrice » au travail sont deux des trois constantes d’un syndrome d’épuisement professionnel en gestation, selon Marie Pezé, psychologue spécialiste de la souffrance au travail contactée par francetv info. Pour autant, le burn-out « est un processus, et non un état » et son évolution est « très lente », explique Catherine Vasey, auteure de Burn-out : le détecter et le prévenir (éd. Jouvence) dans le magazine Psychologies. Autrement dit, il peut être interrompu en cours de route et présente différents degrés de gravité.

Pour évaluer plus précisément votre degré d’usure, vous pouvez effectuer ce test en ligne. Le Malash Burn Out Inventory (MBI), conçu en 1981 par des chercheurs américains et validé au niveau international, permet de mesurer, séparément, le degré d' »épuisement émotionnel », de « dépersonnalisation » et d' »accomplissement personnel » au sein de son activité professionnelle.

Car à ce stade, des sentiments positifs peuvent subsister à l’égard de votre travail et il faut puiser dans ses ressources. « Le principe de base, c’est de ne pas focaliser sur ce qui est stressant, usant », suggère Catherine Vasey, mais de se concentrer plutôt sur ce qui fait sens et apporte de la satisfaction. Lever le pied pour se ménager des moments de pause et de détente dans la journée est également essentiel. Objectif, selon la psychologue : « Ne plus terminer une journée de travail en étant complètement épuisé, au point de ne plus pouvoir s’investir dans sa vie privée. Il n’est pas juste de sacrifier toute son énergie au travail. »

Si vous répondez « OUI » jusqu’au dixième signe

Le processus est bien enclenché, notamment si vous commencez à somatiser, en souffrant de maux physiques chroniques. Si vous consultez un médecin à ce sujet, c’est le moment d’aborder le fond du problème. « Quand on sort du déni, on a déjà fait la moitié du chemin », souligne auprès de francetv info François Baumann, médecin et auteur de Burn-out, quand le travail rend malade (éd. Josette Lyon). Un arrêt de travail temporaire peut être envisagé pour prendre du recul et enrayer le processus. Le site Souffrance et travail publie la liste des consultations spécialisées par département.

Des stratégies peuvent aussi être mises en place dans votre milieu professionnel. « Vous n’osez pas dire non à un surcroît de travail alors que vous êtes déjà débordé ? Essayez le ‘oui, mais plus tard’, ou bien ‘oui, mais aide-moi' », suggère Agnès Martineau-Arbes, médecin du travail, dans L’Express. Il faut commencer par accepter et reconnaître ses propres limites et apprendre à déléguer. Car dans le burn-out, « on est souvent son pire ennemi », analyse la spécialiste.

Catherine Vasey propose quant à elle d’identifier « les lieux d’usure » dans le travail afin de s’en extraire. « Ce sont des tâches, des situations ou des personnes qui créent chez vous un sentiment d’impuissance, de lourdeur, de fatigue. Qui vous vident de votre énergie. » Et vous conduisent directement au signal numéro 10 : l’épuisement émotionnel, symptôme typique du burn-out.

Si vous répondez « OUI » au douzième et dernier signe

Attention, vous courez droit à la catastrophe. Le cynisme est généralement la dernière étape avant le burn-out. Le médecin ne se soucie plus de ses patients, le commercial vend n’importe quoi à ses clients et l’éleveur ne s’occupe plus de ses bêtes. C’est ce que les spécialistes nomment la phase de la « dépersonnalisation » et de la « déshumanisation ».

Arrivé à ce stade, le surmenage est déjà bien installé et, généralement, l’organisme craque en premier : zona, ulcère, accident cardio-vasculaire… Cela peut, dans les cas les plus graves, aller jusqu’à la mort par excès de travail. Un phénomène baptisé « karoshi » au Japon. Le suicide est l’autre alternative dramatique du burn-out.

Sur le plan psychique, un grand sentiment de vide vous envahit soudainement, « comme un trou d’air en avion », dépeint Agnès Martineau-Arbes. Il est alors impossible de retourner travailler et cette incapacité peut durer de quelques mois à plusieurs années. Il faut alors entamer un long travail de reconstruction, dont les étapes sont décrites dans une récente étude de l’Institut national de recherche et de sécurité. S’il est bien accompagné (par un médecin du travail, un psychologue…), il peut être l’occasion de reconsidérer son rapport au travail et au temps. Et d’envisager une reconversion.

Stress et burn-out : prévention et prise en charge par l’employeur

source legavox.fr

auteur  Maître ARBEZ-NICOLAS

S’il n’existe pas de recette de management « anti-stress », l’employeur doit s’interroger sur les causes et identifier les actions nécessaires à mettre en place pour diminuer les risques.

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Le burn-out peut être défini comme un état d’épuisement physique, émotionnel et mental, lié aux situations de travail. Selon l’OMS, il se caractérise par « un sentiment de fatigue intense, de perte de contrôle et d’incapacité à aboutir à des résultats concrets au travail ».

L’employeur est tenu d’assurer la sécurité et la protection de la santé des salariés (article L.4121-1 du Code du travail). Il s’agit pour l’employeur d’une obligation de sécurité de résultat.

Un phénomène même isolé d’un salarié en situation de burn-out, peut être révélateur d’une problématique collective.

L’employeur doit donc :

  • Evaluer les risques de stress
  • Mettre en place les actions et mesures nécessaires pour lutter contre le stress avec le concours des représentants du personnel
  • Développer le dialogue social sur ce thème
  • Contrôler l’application effective des mesures de prévention
  1. Quels sont les indicateurs du stress ?

Les indicateurs pouvant révéler la présence du stress au travail sont nombreux. Il peut notamment s’agir de :

  • un fort taux d’absentéisme
  • un taux élevé des accidents du travail
  • un haut niveau de turn-over
  • des conflits personnels fréquents entre salariés
  • une augmentation significative des visites spontanées auprès du médecin du travail
  1. Comment identifier les facteurs de stress au travail ?

Plusieurs facteurs peuvent contribuer à l’émergence du stress au travail et donc à des situations de burn-out.

Les facteurs de stress liés au travail sont identiques aux facteurs de risques psychosociaux.

L’INRS (Institut National de Recherche et de Sécurité) a regroupé ces facteurs en plusieurs catégories :

  • Facteurs liés à la tâche à effectuer

Difficultés liées à la tâche elle-même (monotonie, répétition, fragmentation…) et risques inhérents à l’exécution même de la tâche (par exemple une erreur médicale)

  • Facteurs liés à l’organisation du travail

L’absence de contrôle sur la répartition et la planification des tâches dans l’entreprise, manque d’autonomie et de marge de manœuvre des salariés, imprécision des objectifs de travail, horaires incompatibles avec une vie familiale, précarité des contrats de travail etc.

  • Facteurs liés aux relations de travail

Absence de solidarité entre collègues, un management peu participatif, autoritaire, déficient,
absence ou une faible reconnaissance du travail accompli, mauvaises relations entre collègues ou/et avec ses supérieurs

  • Facteurs liés à l’environnement physique et technique

Nuisances physiques au travail (bruit, chaleur, humidité, poussière, climatisation…), mauvaise conception des lieux et/ou des postes de travail (manque d’espace, éclairage inadapté…), manque d’hygiène

  • Facteurs liés à l’environnement socio-économique de l’entreprise

Mauvaise santé économique de l’entreprise ou incertitude sur son avenir, surenchère à la compétitivité, exigences de travail élevées, surcharge de travail, pression des supérieurs, objectifs financiers à réaliser, sous-effectif, restructurations

  • Déséquilibre entre vie privée et vie professionnelle
  1. Comment l’employeur peut-il agir ?

A/ Une prise en charge individuelle du salarié

L’employeur doit analyser les éléments de situation de travail du salarié qui ont pu ou risquent de développer le Burn-out.

Il s’agit notamment d’évaluer sa charge de travail, ses amplitudes horaires, ses objectifs professionnels etc.

L’accompagnement du salarié en souffrance pourra passer par :

Une préparation du retour à l’emploi, une suppression ou un éloignement de l’exposition au danger, la mise en place en accord avec le salarié d’un dispositif de suivi avec l’encadrement et/ou le cas échéant un élu du CHSCT, une redéfinition des objectifs professionnels, la construction d’une vision partagée de la charge et de la méthode de travail, un aménagement du poste de travail, une meilleure définition des tâches, une adaptation des horaires de travail, l’anticipation des risques de rechute etc.

L’employeur peut informer les instances représentatives et notamment le CHST, mais également la médecine du travail des actions d’accompagnement mises en place.

B/ Une prise en charge collective

Il appartient également à l’employeur d’agir aussi collectivement sur l’environnement professionnel en mettant en place une démarche de prévention qui mobilise toutes les ressources internes de l’entreprise : encadrement, service des ressources humaines, délégués du personnel, CE, CHSCT et médecin du travail.

Il existe de multiples outils pour lutter contre le phénomène du burn-out, et plus généralement pour prévenir les risques psychosociaux. Exemples de mesures et d’actions :

  • Améliorer l’organisation et les processus de travail : évaluer la charge de travail, anticiper le recours aux heures supplémentaires, mieux définir les fonctions, redonner une marge d’initiative et d’autonomie aux salariés, repenser les modes de reconnaissance, réorganiser le travail pour le rendre stimulant, donner les instructions appropriées pour l’accomplissement de leurs fonctions
  • Informer et dialoguer avec les salariés sur la fixation des objectifs, l’intensité et la complexité du travail, l’adéquation entre les objectifs et les moyens, leurs conditions de travail, la stratégie de l’entreprise
  • Mettre en place des bonnes pratiques de management : communication, soutien, confiance, participation aux décisions
  • S’assurer du respect des temps de repos des travailleurs et adapter les horaires de travail au mieux afin de les rendre compatible avec la vie personnelle
  • Encadrer l’usage des technologies numériques et nomades (téléphones et ordinateurs portables) mettre en place des instruments de régulation des outils informatiques
  • Améliorer l’environnement du travail : adapter son mode de communication, réduire les incertitudes, donner aux acteurs de l’entreprise la possibilité de s’exprimer, faire une étude ergonomique des postes de travail, éviter les postes isolés, renforcer les pratiques d’entraide
  • Former l’ensemble de l’encadrement à la prévention du harcèlement, et du stress, et à la santé au travail. Former et accompagner au quotidien les managers premiers acteurs de la prévention
  • Favoriser la formation des salariés pour leur permettre d’acquérir la qualification nécessaire et favoriser leur employabilité et leur adaptation aux changements
  • Evaluer l’impact sur la santé de tous changements organisationnels
  • Réaliser des diagnostics visant à évaluer le niveau de stress ou de risques psychosociaux, identifier les postes et les secteurs d’activité les plus touchés. Evaluer les facteurs de stress organisationnels, managériaux, relationnels et environnementaux
  • Mettre en place des groupes de travail de salariés et membres de l’encadrement (avec intervenants extérieurs si besoin)
  • Utiliser ou faire évoluer les outils déjà en place : document unique d’évaluation, négociations collectives
  • Instaurer un dialogue constructif selon les situations avec le CE, le CHSCT, les DP, le médecin du travail, et impliquer les salariés dans la politique de prévention

Un suivi est nécessaire dans le temps afin de vérifier l’efficacité de ces actions de prévention.

Stress, fatigue, burn-out: D’où vient notre malaise au travail?

Article pioché sur logo 20mn

Les salariés doivent s’adapter en permanence à une lente et profonde révolution du monde du travail, à laquelle les nouvelles technologies ne sont pas étrangères…conflit

« Ca va mieux », clame le gouvernement depuis plus d’un mois. Si les indicateurs valident effectivement cette amélioration de notre conjoncture, peu de salariés la ressentent au quotidien. Peut-être parce qu’ils sont bien trop occupés à s’adapter en permanence à une lente et profonde révolution de notre monde économique et professionnel, à laquelle les nouvelles technologies ne sont pas étrangères. C’est du moins ce qu’il ressort d’une conférence organisée ce mercredi à Paris (1). Explications en trois points.

La réorganisation du travail

« Que se passerait-il si un chef d’orchestre ne cherchait pas à ce que chacun de ses musiciens joue au mieux sa partition, mais à ce qu’il la joue le plus vite possible tout en ne cessant d’apprendre à jouer d’autres partitions ? », interroge Vincent de Gaulejac, professeur de sociologie à l’UFR de Sciences Sociales de l’Université Paris – Diderot. Pour le chercheur, la réponse est simple : « Ce serait la cacophonie ».

Or, cette absence de recherche d’harmonie est, d’après cet expert, exactement ce que vit l’entreprise aujourd’hui. Comprenez un espace où « le temps n’est plus structuré pour que chacun exerce son métier – c’est-à-dire pour qu’il réalise dans une durée, généralement prédéterminée, un produit ou un service – mais pour que chacun maximise ses utilités ».

Les nouvelles technologies ont joué un rôle clé dans cette évolution en venant mettre fin aux temps morts. L’attente d’un client en retard n’offre-t-elle pas, par exemple, l’occasion d’envoyer un courriel à un prospect depuis son smartphone ? « Le temps n’est plus linéaire, il est devenu multiple et éclaté », analyse Vincent de Gaulejac. « L’absence d’alternance entre la pause et l’activité prive l’individu de sa capacité à réfléchir. Tout devant être fait immédiatement et rapidement, la prise de recul est impossible », ajoute Claudine Haroche, directrice de recherche au CNRS.

La réorganisation du langage professionnel

Pour Vincent de Gaulejac, cette prise de recul est rendue d’autant plus difficile que le travailleur est soumis en permanence à des injonctions paradoxales. Ne doit-il pas être autonome tout en étant obéissant ? Ne doit-il pas veiller à la qualité sans jamais ralentir la production ? Ne doit-il pas faire preuve de leadership tout en faisant montre d’esprit d’équipe ? Résultat : il lui suffit de respecter l’une de ces injonctions pour se mettre en infraction avec l’autre.

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Le travailleur doit aussi être persuadé d’appartenir à un collectif – l’entreprise – alors même que cette dernière ne cesse de développer des outils venant susciter l’émulation pour ne pas dire la compétition entre les salariés et individualiser leur performance. Il est enfin soumis à la « novlangue managériale », comme la nomme Vincent de Gaulejac, où l’oxymore est la règle. Illustration avec le « plan de sauvegarde de l’emploi », dont l’objectif est au contraire d’en supprimer. Ce qui n’est pas anodin pour le sociologue : « En changeant le sens des mots, cette novlangue vient perturber la perception de la réalité ».

La réorganisation de notre modèle économique

Pour Vincent de Gaulejac, les tensions actuelles autour du projet de loi Travail sont révélatrices d’une interrogation plus profonde sur le sens de la vie, à savoir : l’économie doit-elle rester un moyen au service du développement de la société ou, au contraire, la société doit-elle devenir un moyen au service du développement de l’économie ?

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Car le capitalisme s’est métamorphosé, insiste le sociologue. Ce modèle qui reposait jadis sur le fondement de la « destruction créatrice » (il détruit certains métiers mais en crée de nouveaux, plus nombreux et davantage créateurs de valeur) s’épanouit désormais sur le principe de la « création destructrice ». En clair : il est devenu inutile de créer du travail pour produire de l’argent – l’argent se nourrit désormais de lui-même.

Le Pacte de compétitivité en est la parfaite illustration, selon Vincent de Gaulejac : « Il repose sur le postulat que pour lutter contre le chômage, il faut de la croissance et que pour obtenir de la croissance, il faut améliorer la compétitivité des entreprises », rappelle le sociologue. Et d’ajouter : « Mais ce qu’il omet de dire, c’est que pour être plus compétitives, ces entreprises doivent continuellement faire plus avec moins… Elles doivent donc mettre au point des systèmes leur permettant de réduire leurs effectifs ». Cyniquement, le chercheur fait donc remarquer que le Pacte de compétitivité permet de « lutter contre le chômage en créant du chômage ».

(1) Tous les propos ont été tenus pendant l’une des conférences organisées dans le cadre du colloque « @ la recherche du temps », qui se tient jusqu’au 10 juin à ESCP Europe, à Paris.

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L’épuisement professionnel ou burn out

Rares sont ceux qui ne se sont pas sentis un jour épuisés à la fin de leur journée de travail ou stressés le matin à l’idée d’en affronter une nouvelle.

Le « Burn-out » caractérise le syndrome d’épuisement professionnel : un état complet d’épuisement physique et mental,  stade avancé de la dépression. La victime de ce symptôme s’épuise mentalement et physiquement en essayant d’atteindre des objectifs irréalisables. Elle devient à bout nerveusement, perd pied et peut aller jusqu’à se convaincre de son inaptitude à répondre efficacement aux attentes de son employeur.

Le phénomène  « burn-out » peut également trouver son origine dans des faits de harcèlement insidieux de la part d’un supérieur hiérarchique.

Face à ce phénomène, les entreprises sont souvent dans le déni tant que la performance du salarié est là.  L’idée que le travail pourrait, dans certaines conditions, affecter la sphère psychique rencontre, en effet, bien des oppositions.

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N’attendez surtout pas d’être dans cette situation. Contactez votre délégué syndical ou un représentant du personnel UNSA qui saura vous conseiller, vous accompagner et faire la médiation avec la Direction: unsa.financo@gmail.com