Jean-Pierre Denis souhaiterait prendre du recul avec Arkéa

source: le telegramme

Le président d’Arkéa, Jean-Pierre Denis, en première ligne dans la lutte pour l’indépendance de la banque régionale vis-à-vis du Crédit Mutuel, aurait annoncé vouloir prendre du recul, annonce Médiapart.

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Jean-Pierre Denis, président d’Arkéa, souhaiterait prendre du recul avec la banque qu’il dirige, annoncent nos confrères de Mediapart(réservé aux abonnés), dans un article mis en ligne, ce samedi. « Devant des cadres dirigeants, il a annoncé qu’il va prendre du recul et réduire très sensiblement sa présence et son interaction avec l’entreprise », peut-on lire sur le site d’information en ligne. Ces propos auraient été tenus le 18 juin, à l’occasion d’un conseil d’administration auquel 80 personnes participaient en visioconférence.

D’après Médiapart, Jean-Pierre Denis aurait décidé de « rendre les armes dans la guerre d’usure qu’il mène depuis si longtemps contre la Confédération nationale du Crédit Mutuel » qui gère l’entreprise mutualiste au niveau national et avec laquelle Jean-Pierre Denis, mais aussi de nombreux cadres et salariés, voulaient couper les ponts. Volonté d’indépendance qui avait débouché sur une manifestation en mai 2018, à Paris, à laquelle avaient participé plus de 5 000 personnes.

Des rémunérations jugées illégales

Ces derniers mois, Jean-Pierre Denis s’est heurté au ministère des Finances, à la Banque de France mais aussi à la Banque centrale européenne (BCE) dans son combat pour l’indépendance. Le président d’Arkéa s’est vu aussi reprocher, ainsi que Ronan Le Moal, ancien directeur général, d’avoir perçu des rémunérations variables non autorisées par la loi sur les coopératives. Selon Mediapart, elles s’élevaient, pour 2019, à 1,06 million d’euros uniquement pour le président. Désormais les émoluments du président s’élèveraient à 530 000 euros annuels. Soit le tiers de ce qu’il touchait précédemment.

Ronan Le Moal, qui était directeur général d’Arkéa depuis 2008, a quitté le groupe en février après 25 ans de carrière. Ce dernier, qui a opté pour d’autres activités financières et industrielles, a toujours laissé entendre qu’il quitterait le navire si le processus d’indépendance n’allait pas à son terme.

Contactée ce samedi, l’ancienne ministre de la Justice, Marylise Lebranchu, qui défend ardemment les opposants à l’indépendance d’Arkéa, commentait ainsi la décision de Jean-Pierre Denis : « Prendre de la distance avec le groupe à un moment de crise, où les capacités d’investissement doivent être au rendez-vous, n’est pas responsable. Baisser son activité à un tel moment, c’est scandaleux ».