Un nouveau patron pour l’UNSA, « petit » syndicat sans complexe

source: nouvelobs

Laurent Escure a succédé à Luc Bérille lors du congrès de l’UNSA à Rennes

Petit, mais costaud ? Le syndicat Unsa a beau n’être que le sixième syndicat de France avec 7,2 % des voix au niveau national (public et privé confondu), il est l’un des rares à enregistrer une progression constante, élection après élection.

Raison pour laquelle Laurent Escure, le nouveau numéro 1 élu ce jeudi à Rennes, n’a pas de complexe pour répondre à ceux qui, parmi les macronistes, dénigrent les corps intermédiaires :

« Aux hommes politiques qui, parfois, contestent notre légitimité, je fais remarquer que lors des élections professionnelles, on oscille entre 50 % de participation dans le public et 60 à 70 % dans le privé, un niveau bien supérieur à la plupart des élections politiques, la présidentielle exceptée. »« De même si l’on regarde le nombre d’adhérents. On atteint entre 2 et 2,5 millions de personnes pour l’ensemble des organisations syndicales, ce qui fait beaucoup plus que le nombre d’adhérents dans les partis politiques… même si on prend en compte celles qui ont développé des adhésions gratuites ! »

Autant pour La République en Marche… L’Unsa revendique pour sa part 185 000 militants, avec une implantation nettement plus forte dans le public (15,9 % des voix) que dans le privé (5,4 %), ce qui permet à la formation progressiste de talonner désormais la CFTC.

Nouveau patron

Dans le magnifique Centre des congrès de Rennes, le syndicat a organisé un passage de témoin en douceur, à des années-lumière de la crise qu’a traversé Force ouvrière l’année dernière. Ici, les quelques débats sur la réforme des retraites ou sur la réduction de la part du nucléaire n’ont pas révélé de réel clivage interne.

Après huit années en poste, Luc Bérille a passé la main à son dauphin, seul candidat. Laurent Escure, 48 ans, est un Corrézien, amateur de rugby qui a commencé à militer à l’Unef. Devenu professeur des écoles, il a peu à peu pris du galon au sein de l’Unsa-Education.

Il pousse aujourd’hui pour un « rééquilibrage social » de la politique du gouvernement. Pour Laurent Escure, « la balance est déséquilibrée en défaveur des plus démunis », a-t-il expliqué devant quelques journalistes.

« Il faut un virage social et démocratique, sinon ça va craquer ! »

Qu’attend-il des conclusions du grand débat national voulu par l’exécutif ? Il espère d’abord que le gouvernement ne cherchera pas à temporiser :

« Si après le grand débat, ils nous lancent un grand cycle d’expertises, ça ne va pas abuser grand monde ! »

Et quelles mesures concrètes le responsable syndical préconise-t-il ? Laurent Escure se fait moins précis. Il évoque « une vraie ouverture de négociations sur l’accompagnement social des mesures de transition écologiques » et « la réduction des écarts de salaires », tout en rappelant que l’Unsa est partie prenante du « Pacte social et écologique », avec 19 autres syndicats et associations (dont la CFDT et la Fondation Nicolas Hulot).

Il raille aussi « la cacophonie » qui règne au sein de l’exécutif sur la réforme des retraites.

Soulignant que l’Unsa « n’était pas demandeur d’une réforme systémique » vers un régime de retraites par points, Laurent Escure prévient que son organisation syndicale quittera la consultation si le départ à 62 ans est remis en cause.

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