Les 5 habitudes les plus ridicules et contreproductives en entreprise

source: Gaël Chatelain

Vous le savez peut-être mais mon dada, c’est le bien-être en entreprise. Et ma conviction est que nous sommes responsables de celui-ci, toutes et tous, individuellement, quel que soit notre niveau hiérarchique. Alors bien entendu, vous allez me dire que si la structure dans laquelle vous travaillez n’est pas bienveillante, il est difficile d’agir… oui… et non. Le sens de cet article est de mettre en avant 5 habitudes que beaucoup d’entreprises font perdurer et qui, si nous agissions, pourrions faire évoluer petit à petit. Comme toute habitude, c’est en changeant individuellement que l’on pourra évoluer collectivement.

1- partir tard est signe d’implication/motivation

Aaaaaaah… le présentéisme. Il faut prendre conscience que c’est un mal spécifiquement français ; que ce soit en Angleterre, en Suède, en Allemagne, les journées à rallonge ne sont pas un signe de professionnalisme, c’est même le contraire. Je me souviens quand je travaillais chez CANAL+, l’un de mes interlocuteurs avec lequel j’étais en contact était Directeur Général d’un très grand média à New York. Un jour, je lui demande : « John, comment se fait-il que quand je t’appelle à 18.00, tu ne répondes jamais ? » Et là, lui, un tantinet surpris : « mais enfin Gaël, tous les jours je vais chercher mes enfants à l’école ».

J’adore la journée des 3 huit suédois : 8 heures de travail, 8 heures pour la vie personnelle, 8 heures pour dormir. Si nous arrivions à cela, peut n’entendrions nous plus jamais cette phrase si l’on part à 18.00 « ben.. tu prends ton après-midi ? ».

2- une réunion n’a jamais de fin

Un salarié français passe en moyenne 24 jours par an en réunion. Pas étonnant quand on sait qu’un grand nombre de celles-ci n’ont pas d’ordre du jour et surtout, pas vraiment d’heure de fin. La capacité de concentration d’un être humain normalement constitué est de 45 minutes maximum… à quoi bon faire des réunions de 3 heures qui, de plus, ne feront pas l’objet d’un compte-rendu ? Sans parler du retard pris sur son travail personnel !

“Le neuf suscite la colère des habitudes.” Jacques Attali

3- toujours joignable

Regardez une salle de réunion… bien souvent, la moitié des participant(e)s gardent leur téléphone à portée de main et répondent parfois à leur email. Pire, depuis quelques années, les ordinateurs portables apparaissent. Contrairement à ce que l’on imagine, le cerveau n’est absolument pas multitâche sur des taches conscientes. Notre cerveau zappe d’une tache à l’autre mais ne sait pas être à 100% sur chacune. Si l’on veut changer l’habitude n°2, il est fondamental de laisser ordinateur et smartphone à l’entrée des salles de réunion.

4- le boss a toujours raison

La libération de la parole n’est pas véritablement le point fort de nos entreprises. Bien sûr, il y a les entretiens annuels pour s’exprimer directement avec sa hiérarchie, mais nous le savons toutes et tous, ces entretiens ne sont pas toujours (bien) faits. Par ailleurs, quand quelque chose ne va pas dans votre couple par exemple, vous ne le notez pas sur un bout de papier en vous disant que vous en parlerez lors de votre entretien annuel avec votre conjoint(e), si ? Il faut libérer la parole pour réduire le niveau de frustration mais, surtout, augmenter l’efficacité collective. Les outils numériques comme Ourcompany sont là pour ça ! Respecter sa hiérarchie ne signifie en rien se transformer en béni-oui-oui bien sage.

5- l’injonction au bonheur

Il est socialement nettement plus acceptable de dire que l’on adoooooore son métier et que, définitivement son entreprise est la meilleure du monde. Ok… pourquoi pas. Mais que se passe-t-il si vous gagnez 50 millions d’euros demain au Loto ? Vous ne changez rien à votre vie professionnelle ? Un ouvrier qui avait gagné plus de 15 millions a arrêté de travailler 6 mois pour reprendre après… mais à mi-temps. Notre vie, ce n’est pas notre travail. Nous ne sommes pas une meilleure personne si on adore son métier, ni une pire si nous trouvons à y redire. Le bien-être est essentiel mais celui-ci peut être obtenu tout en admettant qu’il y a des imperfections dans notre quotidien professionnel. Et assumer cela, c’est le premier pas pour essayer de le changer.

Conclusion

Loin de moi l’idée de prétendre que si nous supprimions ces 5 habitudes dans nos entreprises nous nagerions dans un bonheur infini… mais je n’ai aucun doute sur le fait que si plus de la moitié disparaissaient, le niveau moyen de stress serait grandement réduit. Je ne sais pas vous mais personnellement, quand j’entends que plus de 10% de la population active française a ou va faire un burn-out, je me dis qu’il serait temps d’agir de façon massive, non ?

Publicités