Le Crédit Mutuel Arkéa fait la démonstration de sa force

source: les échos

Le résultat net de la banque régionale progresse de 13,5 %, conjugué à un gain de 350.100 clients en 2016. De quoi nourrir la farouche volonté d’indépendance du groupe régional.logo CMA

Pour Jean-Pierre Denis, le président du Crédit Mutuel Arkéa, « la banque centralisée, c’est du passé ». Alors qu’il publiait ses résultats annuels lundi, il considère que ses performances confortent sa volonté d’indépendance vis-à-vis de la Confédération nationale du Crédit Mutuel qu’il souhaite quitter au plus vite pour créer son propre organe central. « La taille d’une banque n’est plus le driver, nous sommes une ETI [entreprise de taille intermédiaire], nos clients attendent de nous la proximité, la réactivité et l’innovation », insiste-t-il. Le produit net bancaire d’Arkéa (équivalent du chiffre d’affaires) est en hausse de 4,1 % quand son résultat net de 336 millions d’euros, en hausse de 13,5 %, « atteint un niveau historique ».

Non seulement ses activités de banque à réseau continuent de progresser puisque son portefeuille clients s’est renforcé de 9,8% l’an dernier, mais « 25% de notre chiffre d’affaires se réalise désormais pour le compte de tiers », ajoute Ronan Le Moal, le directeur général du groupe bancaire régional. Arkéa gère tout ou partie des opérations bancaires de nombreuses entreprises comme Système U ou Renault mais également Compte-Nickel, ainsi qu’Amazon ou BlaBlaCar en France. Ces contrats, souvent d’une durée de 5 à 10 ans, lui garantissent un volant récurrent d’activité et l’obligent à se situer en permanence à la pointe des technologies numériques indispensables à ces accords signés en marque blanche. « Cette diversification fait partie intégrante de nos différents relais de croissance. Les contrats pour compte de tiers génèrent désormais 10 % du résultat net du groupe », dit encore le directeur général.

Conserver les centres de décision en Bretagne

« Tous ces chiffres, affirme Jean-Pierre Denis, valident le positionnement du Crédit Mutuel Arkéa » qui n’a pas l’intention « de se dissoudre dans une organisation centralisée » et veut à tout prix conserver ses centres de décision principalement en Bretagne. « Nous disposons de 25 filiales, une centralisation du Crédit Mutuel entraînerait inéluctablement la rationalisation des moyens »… et la suppression d’emplois.

Doté de 6,1 milliards d’euros de capitaux propres, en hausse de 51% depuis cinq ans, Arkéa estime avoir les reins assez solides pour un avenir en solo. Bercy craint néanmoins une progression à moyen terme de ses tarifs pour compenser la mobilisation de fonds propres supplémentaires liés à une telle stratégie. De fait son indépendance n’est pas encore acquise. Plusieurs rendez-vous judiciaires vont encore ponctuer les prochaines actualités du groupe bancaire breton, notamment au sujet de la marque Crédit Mutuel qu’il entend bien conserver. Au second semestre de 2017, le Conseil d’Etat devrait être amené à statuer sur la solidarité financière des différentes fédérations. Là encore, Arkéa souhaite se désengager.

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