Comment les « Digital Natives » chamboulent l’entreprise

source: France info

On les appelle les « Millennials » ou la génération Y : ils sont nés entre la fin des années 80 et le milieu des années 90, et ces jeunes sont en train de bouleverser les entreprises.

Les Millennials, sont en fait la première génération numérique, les digital natives comme disent nos amis anglosaxons, ils sont nés et ils ont grandi avec la révolution numérique, mais ces technologies ne sont pas seulement pour eux des outils, mais bien plus une culture, un mode de vie. Le numérique est une partie de la vie même de cette génération, ils font littéralement corps avec le numérique. En fait, ces jeunes ont développé un rapport au travail, un rapport à l’entreprise totalement différent de celui des générations précédentes. Et ils sont en train de faire muter un bon nombre d’entreprises.

C’est un think tank, Culture Numérique, qui a rendu public hier un rapport sur tout ce que transformait cette génération et sur les problèmes qu’elle pose aux entreprises et les solutions aussi qu’elles peuvent leur apporter. D’abord, les Millennials ne croient plus du tout à ce que les entreprises disent sur elles même, ils croient à ce qu’ils voient, ils sont beaucoup plus distanciés, beaucoup plus critiques. Ils n’entrent pas non plus dans une entreprise pour construire une carrière ou un bout de carrière comme autrefois, mais pour participer à un projet, à une mission, à une expérience, à un moment de la vie de l’entreprise.

Du coup, ils ont une fidélité à l’entreprise beaucoup plus faible : « Au bout de 18 mois, dit par exemple une dirigeante d’Orange, ces jeunes ont la bougeotte. Il y a un risque de désengagement . » En clair, il y a un taux de turn-over, de renouvellement, qui peut atteindre 30% dans des start-up ou même des grandes entreprises du numérique. C’est totalement nouveau.

Comment on explique cette distance ?

D’abord, les décennies de crise et de galères multiples qu’ont souvent vécues leurs parents peuvent expliquer cette distance. Mais au-delà, le sentiment de participer à un tournant, à une révolution technologique leur a donné des ailes. Ils savent faire des choses que les générations précédentes ne savent pas faire. Un entrepreneur spécialisé dans le commerce en ligne, qui compte 400 salariés, et une moyenne d’âge de 27 ans, a cette formule forte : « Les millennials ont ubérisé l’entreprise« . En clair, ils la mettent en concurrence permanente avec d’autres et peuvent partir du jour au lendemain pour une autre aventure qui leur paraît plus excitantes ou pour créer eux même leur entreprise.

Du coup, les entreprises traditionnelles mettent en place des stratégies pour les garder et surtout pour profiter au maximum de leur savoir-faire et de leur créativité. Un seul exemple mais il y a en a des quantités : Sébastien Bazin, le patron du groupe AccorHotel, et acteur mondial de l’hôtellerie, a créé un « shadow Comex », c’est un comité de direction bis composé exclusivement de millennials, pour challenger toutes les décisions du vrai comité de direction, et ces jeunes ont accès exactement aux mêmes informations sur l’entreprise. Et en huit mois, ils ont déjà amendé et transformé bien des projets de la direction dans un secteur où les mutations sont profondes et fulgurantes.

 Quels conseils pour manager cette génération ?

Alors le think tank Culture numérique, créé par le groupe de communication Dentsu Aegis, en donne plusieurs : d’abord aplatir les hiérarchies qui n’impressionnent absolument pas cette génération, leur donner un maximum d’autonomie, fonctionner en mode projet, fonctionner à l’empathie plutôt qu’à l’autorité, leur proposer des parcours individuels, être beaucoup plus transparents, leur faire des retour réguliers et enterrer une bonne fois pour toutes les entretiens annuels d’évaluation. Tout ça paraît facile à dire, mais croyez moi c’est un sacré défi pour les directions d’entreprise.

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