Etre quelqu’un

L’Homme a besoin d’être « quelqu’un » et pas seulement « quelque chose » en entreprise. Une évidence pour Patrick Bouvard, rédacteur en chef de rhinfo:

Dans son ouvrage Éloge de l’oisiveté, le philosophe Bertrand Russell écrivait en 1935 : « Les méthodes de production modernes nous ont donné la possibilité de permettre à tous de vivre dans l’aisance et la sécurité. Nous avons choisi, à la place, le surmenage pour les uns et la misère pour les autres. En cela, nous nous sommes montrés bien bêtes, mais il n’y a pas de raison pour persévérer dans notre bêtise indéfiniment ». Il est mort en 1970… et depuis ces 45 dernières années, je n’ai pas vu que nous ayons encore renoncé à notre bêtise, tout au contraire ! Néanmoins le philosophe, dans sa mansuétude, emploie-t-il le terme « indéfiniment »… ce qui nous laisse un espoir de revenir un jour à la raison ! Disons juste que ce n’est pas encore d’actualité.

Une bêtise persistante

Il ne s’agit toujours pas, aujourd’hui, de concevoir ce que doit être le travail et l’environnement économique pour construire le projet humain et social de notre choix ; on veut au contraire « formater » les comportements humains et contraindre un environnement social capable de s’adapter à la réalité économique et si possible… d’y survivre. D’y survivre dans le surmenage ou dans la pauvreté ; même si je connais bien l’existence de quelques intermédiaires. C’est l’envers de la raison et de l’intelligence, mais c’est ainsi. Et l’automatisation croissante du travail qui nous attend ne va pas arranger les choses, loin de là, si l’on ne change pas de perspective !

Être quelqu’un… et non pas quelque chose !

Le sens sous-jacent de la gestion ressources humaines est le plus souvent perçu par les salariés comme celui de l’instrumentalisation humaine. Ce sens ne poserait sans doute aucun problème à personne si l’homme pouvait effectivement en retour y retrouver une finalité et des valeurs qui répondent à ses propres besoins de « sujet personnel », et non seulement d’un « objet » parmi les autres. L’homme a en effet besoin, pour vivre, d’être considéré comme un sujet personnel : il a besoin d’être « quelqu’un », et pas seulement « quelque chose », tant à titre personnel qu’à titre collectif !

Prendre le parti de l’Homme

Il ne s’agit donc pas pour les RH, en organisant les ressources DES hommes, de choisir son camp entre employeurs et employés, mais au cœur même du sens du travail, dans ses multiples directions, exigences et implications, de prendre le parti de l’Homme. Ceci repose sur le triptyque Confiance/Autonomie/Responsabilité, tel que nous l’avons développé avec ADP et RH info dans le livre #RHreconnect qui vient de paraître. Je me permets ici de vous y renvoyer.

Lien vers l’article: le parti de l’Homme

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